AMERICAN CAPER, La grande arnaque américaine – Tome 1
Un avocat accro au jeu et un tueur à gages mormon se retrouvent mêlés à une affaire immobilière qui tourne mal. Une caricature féroce de l’Amérique d’aujourd’hui.
Bienvenue à Verone, dans le Wyoming, une petite ville américaine tranquille en apparence, avec son ambiance bucolique et ses petits pavillons proprets. D’un côté de la clôture, les Hamilton : William, avocat véreux et accro aux jeux d’argent, loin de ses rêves d’antan de défendre la veuve et l’orphelin; une mère républicaine abreuvée de vidéos complotistes et de discours haineux ; une fille punk et « woke » ; un fils pendu à sa console qui ne voit le monde qu’à travers ses jeux.
De l’autre, leurs voisins les Charmers : famille mormone, six enfants blonds comme les blés et sourires XXL, voitures rutilantes, chalet à la montagne et des entrées dans les clubs privés en vue. Mais derrière cette image idéale de l’American Way of Life, Orson est, sous couvert de servir Dieu, un tueur à gages à la solde d’un promoteur immobilier manipulateur.
Producteur et scénariste des jeux vidéo « GTA » et « Red dead redemption », Dan Houser se tourne vers la bande dessinée pour raconter une Amérique contemporaine profondément polarisée. Et le tableau est loin d’être reluisant. Tout le monde en prend pour son grade dans une surenchère assumée de personnages persuadés d’être dans leur bon droit et prêts à tout, et d’extrêmes violences. Au dessin, David Lapham accentue encore cette dimension caricaturale, avec des visages crispés par le malaise ou déformés par la colère et des scènes franchement gore. C’est excessif, parfois jusqu’à la démesure, mais aussi pour l’instant redoutablement efficace.
Ce premier tome rassemble les quatre premiers épisodes de la série américaine. Deux autres tomes suivront.
Dessinateur: David Lapham – Scénaristes: Dan Houser et Lazlow – Editeur: Urban Comics, collection Urban Indies – Prix: 14,50 euros.

