ALICE AU DELA DES ÉTOILES – Tome 1
Collégienne « semilingue », Alice rêve de devenir astronaute pour se rapprocher de ses parents décédés. Une histoire d’apprentissage sensible.
Sous ses airs de collégienne parfaite, la jolie et solaire Alice Asahida cache une profonde fragilité. Orpheline de parents japonais ayant grandi à l’étranger, elle est «semilingue»: coincée entre deux langues et deux cultures, elle ne maîtrise véritablement ni le japonais ni l’anglais. Ses maladresses, ses réponses hors contexte et son sentiment de décalage sont un vrai handicap social. Pourtant, Alice nourrit une ambition hors du commun : devenir astronaute pour se sentir plus proche de ses parents disparus.
Dès les premières pages, Kiko Urino désamorce toute attente : on sait qu’Alice réalisera son rêve. Le véritable enjeu n’est donc pas le résultat, mais le chemin qui l’y conduira. Lorsque l’un de ses camarades, un élève surdoué, lui propose de l’aider à devenir « intelligente », commence alors un récit d’apprentissage où la persévérance sera le maître-mot.
Avec « Alice au-delà des étoiles », Kiko Urino (« De neiges et de flammes », « Internet love ») pas de conquête de l’espace ni d’effets grandioses mais une aventure profondément humaine. Même sobriété côté dessin: le trait est simple et lisible avec néanmoins un bémol pour les personnages qui semblent tous plus âgés qu’ils ne sont. La mangaka aborde avec justesse le bilinguisme, l’identité culturelle et la difficulté de trouver sa place dans une société qui aime ranger chacun dans une case.
Ce premier tome (six volumes sont déjà parus au Japon) pose les bases d’une série discrète mais sensible, récompensée par le prestigieux Manga Taishô 2025: une jolie histoire d’amitié, de résilience et d’accomplissement personnel.
Dessin et scénario: Kiko Urino – Editeur: Glénat – Prix: 7,90 euros.

