AKUJO
Raï retourne au Japon pour affronter les fantômes de son histoire familiale. Une esthétique originale mais une narration un peu trop labyrinthique.
Hantée par la solitude et le suicide de sa mère et persuadée d’être vouée au même destin, Raï quitte Paris pour le Japon afin d’affronter son héritage familial et comprendre une lignée marquée par la dépression. Née à Paris d’une mère japonaise et d’un père français, Asako Yamasaki explore à travers ses illustrations la fusion entre l’esthétique et le chaos. Cofondatrice du collectif « Venus parasite », elle signe ici sa première bande dessinée.
Un album étrange où souvenirs, rêves et hallucinations s’entremêlent. Les profondeurs de l’inconscient prennent la forme d’un bestiaire marin ennemi ou protecteur — requin-marteau, poulpe, tortue, poisson-lune ou thon — qui accompagne les errances de l’héroïne. Principalement en noir et blanc aux dégradés de gris mais avec quelques planches en monochromie de violet ou utilisant une palette de couleurs plus larges, le dessin est élégant et l’esthétique originale. Les collages, les superpositions d’illustrations et de photographies ainsi que les compositions éclatées renforcent l’impression d’évoluer dans un espace mental en perpétuelle mutation. L’intention est claire : traduire le chaos intérieur de Raï. Mais en multipliant les fragments de souvenirs, les allers-retours temporels et les séquences oniriques, la lecture s’avère finalement assez confuse et peine à transformer cette identité graphique forte en véritable émotion capable de toucher le lecteur.
Dessin et scénario: Asako Yamasaki – Editeur: Actes Sud BD, collection Virages graphiques – Prix: 28 euros.