A.D GRAND-RIVIERE – Tome 4. Bouskachi

Une enquête dynamique mais qui perd rapidement de son suspense. Dommage.

Dans « A.D Grand-Rivière », tout rapport avec l’actualité est revendiqué par les auteurs ! Le quatrième tome n’échappe pas à la règle mais après s’être intéressés dans les trois premiers albums au monde politico-mafieux, Coutelis et Bollée jettent leur dévolu sur les réseaux islamistes.

Nous sommes à l’été 2001, le commissaire Grand-Rivière part à la recherche de Mourad Sassi, un jeune étudiant qui a disparu depuis deux mois et qui semblait nourrir une soudaine attirance pour le Coran et le Jihad depuis son séjour en Angleterre.
Noir, bonnet rasta, vieil imper, flingue sur le ventre et carte tricolore de la police, Grand-Rivière n’a pas le profil type du flic. Doté d’une impressionnante culture littéraire, il reste simple, décontracté, a le sens de l’humour et est surtout très sensible. Bref profondément humain.

Le profil atypique du héros ne peut que donner envie de le suivre dans son enquête, qui se déroule une fois encore dans de tristes banlieues de la région parisienne. Une ambiance bien rendue par le dessin réaliste de Coutelis et les couleurs à dominante jaune verdâtre d’Aymond.

L’histoire de « Bouskachi » se lit d’une traite, le découpage est clair, les évènements s’enchaînent sans temps mort. L’enquête va même trop vite. Et puis l’embrigadement de jeunes un peu paumés pour en faire des islamistes et des terroristes est connu. Trop connu aujourd’hui pour que l’on ne devine pas dès le début dans quelle direction les auteurs nous emmènent. Résultat, le suspense s’émiette et même la chute en dernière case perd de sa force. Reste la sensation lorsque l’on referme le livre que l’histoire n’a jamais vraiment commencé.

Casterman

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