Mort du mangaka Yoshiharu Tsuge

Le précurseur de la bande dessinée autobiographique avait 88 ans.

La télévision japonaise vient d’annoncer le décès le 3 mars 2026 du mangaka Yoshiharu Tsuge des suites d’une pneumonie à l’âge de 88 ans. Celui qui s’était dépeint sans égard dans «l’Homme sans talent» – son ultime oeuvre maîtresse – est le père de l’autobiographie dessinée (“watakushi manga”).
Né le 30 octobre 1937 à Tokyo, Tsuge a grandit dans un contexte familial compliqué, marqué par la mort de son père, le remariage de sa mère avec une homme violent et une enfance pauvre dans le Japon d’après-guerre. Très jeune, il enchaîne les petits boulots (livreur de journaux, ouvrier, etc.) tout en développant un goût pour le dessin. Ses premières œuvres sont influencées par le style « gekiga », un courant réaliste et sombre destiné aux adultes.
Sa carrière bascule lorsqu’il rejoint le magazine d’avant-garde Garo, fondé par Katsuichi Nagai. C’est là qu’il publie en 1968 sa nouvelle la plus célèbre: « La Vis » (« Neji Shiki »). Cette histoire marque un tournant dans l’évolution du style de Tsuge, qui pour la première fois retranscrit l’un de ses rêves: un mélange de réalisme, d’introspection et de surréalisme. L’utilisation de la bande dessinée en tant que médium de l’inconscient est jusqu’alors inédite. De plus en plus dépressif, séparé de sa femme, Tsuge ne publiera tooutefois plus aucune bande dessinée après septembre 1987.
En 2020, Yoshiharu Tsuge avait été mis en avant en France dans le cadre d’une exposition au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, présentant plus de 250 originaux. Il avait reçu à cette occasion un Fauve d’honneur.

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