Le mensuel « Charlotte » menacé faute d’agrément
Le magazine s’est vu refuser le statut de magazine d’information par la Commission paritaire des publications et des agences de presse.
En juin dernier on annonçait le lancement à la rentrée 2024 de Charlotte Mensuel, un magazine de 176 pages (13,90 euros) prétendant réconcilier les « Anciens et les Modernes » avec, au sommaire, des récits autonomes, des histoires courtes, des histoires en épisodes, des traductions de BD américaines, argentines, coréennes, japonaises, etc.
Sous la houlette de Vincent Bernière, déjà responsable de la reprise des Cahiers de la BD et de la conception de la nouvelle formule de Métal Hurlant, une équipe d’auteurs et autrices de bande dessinée s’était donc constituée autour de Charlotte Mensuel avec notamment Bastien Vivès, Chris Ware, Pierre Van Hove, Seth, Seo Kim, Berliac, Noah Van Sciver, Morgan Navarro, Louis Pailler, Clémence André Vanhulle, Benjamin Marra… Des anciens sont également convoqués: Lauzier, Pichard, Florence Cestac, Andrea Pazienza, Joe Matt, Shinichi Abe, Hideshi Hino, Hisashi Sakaguchi, Jordi Bernet et Sergio Abuli, Arthur Dorémus, Maybelline Skvortzoff…
Or Charlotte Mensuel s’est vu refuser le statut de magazine d’information par la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPAP) en octobre, puis a introduit un recours qui a lui aussi été rejeté en février 2025. « Le contenu de la publication, consacrée à la bande dessinée, est majoritairement constitué d’articles à caractère intemporel et d’information dépourvues de lien direct à l’actualité », selon la CPAP qui a aussi relevé « la présence de plusieurs illustrations à caractère pornographique ».
« C’est condamner à mort un journal. Nous faisons l’objet d’une tentative de censure déguisée », a dénoncé auprès de l’AFP Vincent Bernière, la décision de la CPAP privant le magazine des avantages du régime économique de la presse, un taux réduit de TVA à 2,1% et des tarifs postaux privilégiés.
Les Bons Pères de Famille, la société éditrice de Charlotte mensuel, ont décidé de porter l’affaire devant la justice en saisissant le tribunal administratif, ont-ils annoncé sur Instagram.
