FALSTAFF
Les aventures du plus irrésistible des anti-héros shakespeariens qui des siècles après continue de voler la vedette aux rois. Une tragi-comédie enlevée.
C’est peut-être le personnage le plus populaire imaginé par William Shakespeare. Personnage fictif apparu dans plusieurs de ses pièces (« Henri IV », « Les Joyeuses Commères de Windsor »), le chevalier John Falstaff est un bonhomme obèse, couard, menteur, voleur et alcoolique. Mais ce roi de la vantardise, ce prince des débauchés, cet empereur de l’égoïsme est aussi doté d’une intelligence mordante et d’un irrésistible sens de la répartie qui lui permet de louvoyer sans cesse entre les complots et les luttes de pouvoir à la cour royale ainsi qu’au milieu des champs de bataille meurtriers.
Le « Falstaff » de Goho et Boisserie, imaginé sur les conseils de Juanjo Guarnido (« Blacksad ») s’éloigne de la pure intrigue historique pour mettre en avant ses rapports avec le prince Hal, héritier du trône d’Angleterre coincé entre son père le sévère roi Henry IV et celui qui incarne la vie populaire, festive et subversive des tavernes.
Servi par le dessin généreux et expressif de Gogo, passé par les studios Disney, ce récit vivant et drôle de près de 150 pages donne corps à une galerie de personnages aux expressions volontiers cartoonesques. Leur énergie communicative compense les exigences d’un texte soucieux de rester au plus près de Shakespeare et dont certaines tournures réclament une attention soutenue.
Dessinateur: Goho – Scénariste: Pierre Boisserie, d’après l’oeuvre de William Shakespeare – Editeur: 18,99 euros.

