SI JE T’ÉCRIS…

Un homme retourne avec sa famille dans la maison de vacances de son enfance. L’occasion de solder des souvenirs douloureux… Un récit sensible sur la résilience.

En vacances sur le littoral avec sa femme et ses enfants, Louis retrouve les lieux d’un été passé dans les années 1970 auprès de son père, de son oncle et de sa tante. Un été fait de baignades, de jeux sur la plage, de copains de vacances et d’apéros en famille, mais aussi marqué par la présence d’une inquiétante demeure perchée sur la falaise occupée, racontait-on, par une sorcière capable de parler aux morts.
Et, justement, au cœur du récit se trouve l’absence d’une mère que Louis n’a jamais connue. Une absence au quotidien qui se niche dans les anniversaires où quelqu’un manque autour de la table, dans la tristesse discrète du père. Il y a aussi cette lettre maladroitement rédigée dans un coin de chambre, comme une tentative désespérée de demander pardon ou simplement d’obtenir une réponse.
Sous les apparences d’une chronique estivale baignée de soleil et de nostalgie joliment dessinée par Denis Bodart (« Green manor »), Vincent Zabus (« Le monde selon François », « Nos rives partagées ») aborde donc le thème du deuil et de la culpabilité avec pudeur et délicatesse. La place accordée aux jeux d’enfants et au mystère de la maison sur la falaise semble après coup un peu disproportionnée, ne laissant que peu de pages pour le reste et pour la conclusion (très touchante), mais « Si je t’écris… » rappelle avec émotion combien certaines absences continuent de façonner nos vies longtemps après.

Dessinateur: Denis Bodart – Scénariste: Vincent Zabus – Editeur: Dupuis – Prix: 18,95 euros.

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