OLDMAN – Tome 1
Après s’être évadé de sa cellule, un vieux magicien ourdit sa vengeance contre une reine impitoyable. Efficace.
Avec « Oldman » prévu en deux tomes, le Chinois Chang Sheng délaisse la science-fiction de ses précédents titres comme « Baby » ou « Yan » pour s’aventurer sur les terres d’une heroic fantasy sombre, imprégnée d’esthétique victorienne, de surréalisme et de magie noire. Initialement publié chez Kotoji, le manhua bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition chez Glénat, proposée dans un format plus généreux.
Dès les premières pages, le lecteur est happé par le récit. Le vieux magicien Billy Oldman croupit dans les geôles d’une reine cruelle. Mais l’heure de la vengeance a sonné. Grâce à ses talents d’illusionniste, il orchestre son évasion spectaculaire et libère au passage Rebecca, ancienne générale atrocement mutilée sur ordre royal. Avec l’aide de Wilson, anatomiste inventeur d’automates, elle retrouve sa mobilité… et son potentiel destructeur.
Chang Sheng impose une galerie de personnages forts et expressifs: un Oldman (directement inspiré de Sean Connery) rusé et mélancolique, un Wilson à l’humour bienvenu, une reine (aux airs de Cate Blanchett) sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise et une Rebecca résiliente. On pourra toutefois regretter une certaine hypersexualisation de cette dernière, en décalage avec la gravité de son histoire tragique.
La narration, solidement construite, alterne elle habilement entre présent et passé, dévoilant peu à peu les raisons de l’emprisonnement d’Oldman. Si quelques dialogues souffrent de répétitions, l’ensemble est porté par un rythme soutenu et de nombreux rebondissements, tandis que les décors et costumes, d’un grand réalisme, nourrissent une ambiance victorienne immersive.
La suite et fin d' »Oldman » est attendue pour le 1er juillet 2026.
Dessin et scénario: Chang Sheng – Editeur : Glénat Manga – Prix: 15,95 euros.

