SHIN ZERO – Tome 2

L’entrée dans la vie adulte avec son lot de tracas et de responsabilités, sur fond de menace écologique. La vie des jeunes Sentais en rappellera d’autres. Très bien fait.

Quatre ans après avoir sauvé la ville, Warren et les anciens membres de Shin Zero on repris une existence normale. Mais la belle mécanique de la coloc s’enraye peu à peu: les ambitions divergent, les responsabilités s’accumulent, les liens se distendent. Pendant ce temps, dehors, le taux de particules Kaiju ne cesse d’augmenter, faisant craindre une catastrophe écologique à venir.
Avec ce deuxième tome, Mathieu Bablet et Guillaume Singelin poursuivent leur relecture du genre sentai – popularisé en Occident par les figures colorées des Power Rangers – mais refusent d’en rester à un simple hommage nostalgique. Leur « Shin Zero » est avant tout une œuvre profondément contemporaine, qui utilise les codes du genre pour parler de notre époque et de ses inquiétudes.
Car, derrière les combats de monstres géants et les affrontements spectaculaires, Mathieu Bablet dresse le portrait mélancolique d’une génération – avant d’être des Sentais, Warren, Satoshi, Héloïse et les autres sont de jeunes adultes – qui a le sentiment d’avoir reçu en héritage un monde fragilisé. Shin Zero devient une réflexion sur l’individualisme, sur notre difficulté à apporter une réponse collective à la hauteur des enjeux, notamment de l’urgence écologique. Pour autant, le spectacle n’est pas oublié grâce au trait vif de Guillaume Singelin. Les séquences d’action, héritées des codes du sentai, offrent des moments d’énergie pure, avec leurs transformations, leurs couleurs emblématiques et leurs affrontements démesurés.
42.000 exemplaires du premier tome ont déjà été vendus.

Dessinateur: Guillaume Singelin – Scénariste: Mathieu Bablet – Editeur: Rue de Sèvres, label 619 – Prix: 13,90 euros.

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