SHIN ZERO – Tome 1

Faute de monstres géants à combattre, les Sentai en costumes se rabattent sur de modestes missions. Enthousiasmant.

Cela fait maintenant 20 ans que le dernier des Kaiju, ces monstres géants venus des mers, a été vaincu par les Sentai, des justiciers colorés alors admirés par la population. Désormais, ce sont des étudiants en galère qui portent le costume et, comme des travailleurs Uber, acceptent des missions mal payées et bien moins gratifiantes (parfois même vigile de magasin…) via une application qui leur attribue des notes.
Habitué des univers d’anticipation (notamment les excellents « Carbone et Silicium » pour Bablet et « Frontier » pour Singelin), le duo renouvelle le genre Sentai, plus connu chez nous sous la figure des Powers Rangers, mais va au delà du simple hommage en mettant les héros face à des préoccupations contemporaines. Warren, Nikki, Heloïse, Satoshi et Sofia, ces jeunes adultes tout juste sortis du cocon familial aux conditions de vie précaires et se cherchant encore, sont attachants et leurs portraits progressivement brossés. Ils évoluent dans un décor urbain en noir et blanc détaillé à l’esthétique japonisante sur lequel se détachent simplement les couleurs flashy unies des costumes de Sentai. Les Kaiju ont-ils vraiment disparu? Et les dangers qui guettent la population aussi? Que sont ces mutations dont certains sont atteints? Réponse dans les deux tomes suivants mais ce premier opus est déjà très prometteur.

Dessinateur: Guillaume Singelin – Scénariste: Mathieu Bablet – Editeur: Rue de Sèvres, label 619 – Prix: 13,90 euros.

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