POST MORTEM

Un médecin légiste et un dessinateur ouvrent les portes de la salle d’autopsie. Entre science, enquête et humour noir, un album qui explore ce que les morts peuvent encore révéler.

À Liège, le docteur Philippe Boxho s’apprête à entrer en salle d’autopsie. Sur la table, le corps d’un quadragénaire retrouvé nu sous son peignoir, deux verres de champagne et des toasts à proximité. Une soirée qui semblait avoir bien commencé, un parfum encore présent sur le corps, une balle entrée dans la poitrine… mais aucune sortie visible.
C’est là qu’intervient le docteur Philippe Boxho, directeur de l’Institut de médecine légale de l’université de Liège et figure très médiatique grâce à ses romans à succès et ses apparitions sur les plateaux TV internationaux. Avec le dessinateur Pierre Alary (« Silas Corey », « Mon traître ») qui s’invite lui-même dans les pages sous la forme d’un petit double fantomatique curieux posant les questions auxquelles le lecteur pense tout bas, il construit un véritable récit de vulgarisation autour d’un métier dont les séries policières déforment souvent la réalité. Comment détermine-t-on l’heure d’un décès? Que racontent les insectes qui colonisent un corps? Comment évolue un cadavre après la mort? Mais aussi comment vit-on avec la mort?
Plusieurs affaires servent ainsi de fil conducteur pour montrer comment, face à un cadavre, le légiste observe, prélève, dissèque, confronte les indices et surtout doute. Les organes et les instruments chirurgicaux sont montrés avec précision, les autopsies sont très détaillées mais la distance propre au dessin permet paradoxalement de regarder ce que l’image photographique rendrait parfois insoutenable. « Post Mortem » réussit finalement un exercice délicat : parler de la mort sans la transformer en spectacle.

Dessinateur: Pierre Alary – Scénariste: Philippe Boxho – Éditeur: Kennes – Prix: 22 euros.

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