PANIQUE A LONDRES

Les rapports franco-britanniques, sources d’un humour absurde et mordant sous la plume de Pétillon et Rochette.

Décidément Pétillon apprécie les îles: Après l’Ile de Beauté dans « L’affaire corse », c’est l’Angleterre qui sert de décor à cette nouvelle histoire. Deux malades échappés d’un hôpital psychiatrique français débarquent dans la capitale anglaise, en compagnie d’une auto-stoppeuse paumée, pour revendiquer la propriété des îles ango-normandes de Jersey et Guernesey. L’un des deux prétend en effet être « Louis Le Vétilleux, authentique véritable et unique souverain de Jersey et Guernesey ». La rencontre des « Frenchies » avec les « Rosbeefs » sera forcément explosive d’autant que quiproquos aidant, la reine elle-même va se retrouver mêlée à cette histoire de… fous.

Les rapports franco-britanniques n’ont jamais été simples ni tendres et sous la plume de Pétillon, ils deviennent sources d’un humour absurde et mordant. Tout comme dans « Napoléon et Bonaparte » des mêmes auteurs, ce sont la folie et les troubles de la personnalité qui sont au cœur de cet album. Si l’un de nos deux héros se prend pour Louis Le Vétilleux, l’autre change d’identité comme de chemise: tantôt Sartre, tantôt Stanley l’explorateur, tantôt le sultan Tamerlan, etc. Tous deux restent isolés dans leur propre univers, ne pensant qu’à leurs obsessions, ne vivant que pour elles. Les autres, théoriquement sensés, vont pourtant plonger tête baissée dans leur monde. Les fous seront élevés au rang de héros par des non fous… Finalement qui sont les vrais fous?!…

Bien sûr, « Panique à Londres » n’a pas l’humour de « L’enquête corse » et la caricature est moins fine. Mais dans ce nouvel album on rit quand même beaucoup. Le scénario est délirant, les situations extravagantes s’enchaînent rapidement les raisonnements sans queue ni tête aboutissent à des dialogues souvent très drôles.
Quant Pétillon et Rochette débarquent, God save the Qeen…

Albin Michel

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