NOS ACCORDS IMPARFAITS
Une histoire d’amour entre un livreur et une violoncelliste qui s’achève par manque de communication. Un récit épuré et doux-amer.
Comme un disque, « Nos accords imparfaits » a deux faces. Dans la A, Anton, livreur, et Hélène, violoncelliste, s’aiment et partagent le même amour de la musique; mais progressivement, le silence s’installe, Anton n’échange plus, ne parvient plus à parler à Hélène. Dans la B, quelque temps après le départ de sa compagne, Anton doit livrer un colis à la jeune femme dans une ville étrange qui n’existe sur aucune carte et dont les habitants attendent de lui qu’il prononce un discours…
Premier scénario de bande dessinée du romancier Gilles Marchand (« Le soldat désaccordé », « Les promesses orphelines »), « Nos accords imparfaits » ne repose pas sur des rebondissements spectaculaires. A l’instar des planches épurées de Cécile Dupuis (« L’ombre des pins ») qui joue avec le vide, les formes géométriques et les grands aplats de couleurs, le récit très peu bavard avance par petites touches, la relation s’étiole dans la face A au fil des regards esquivés et des conversations inachevées, comme des fausses notes dans une mélodie trop parfaite. La face B, plus surréaliste, est l’occasion pour Anton de s’écouter et se retrouver lui-même, seul moyen d’avancer, les métaphores musicales entres autres restant bien présentes.
Un album simple mais délicat qui prend une dimension universelle en rappelant qu’accepter l’imperfection est la condition essentielle à l’amour.
Dessinatrice: Cécile Dupuis – Scénariste: Gilles Marchand – Éditeur: Casterman – Prix: 25 euros.