L’INFINIMENT MOYEN ET PLUS SI INFINITÉS DANS LES LIMITES FINIES D’UNE ÉDITION MINIMALISTE
Deux personnages dialoguent autour des mystères de l’infinitésimal dans une BD-objet aussi minuscule que le titre est long. Un album conceptuel mais très difficile à déchiffrer.
Marc-Antoine Mathieu développe depuis des années des œuvres singulières et atypique. Depuis ses débuts en 1990, Marc-Antoine Mathieu n’a de cesse de jouer avec le support bande dessinée et d’en explorer toutes les possibilités: une enquête policière qui suit la trajectoire de la lumière (« 3 » »), un polar à lire avec des lunettes 3D (« La 2.333e Dimension »), un récit tout en spirale (« L’origine »), etc.
Cette fois, l’auteur repousse les limites du médium avec un album de 80 pages en noir et blanc mesurant 3 cm x 4 cm (dont 1,4 x 2,6 pour une planche), soit quelques cm², pas loin de la taille d’un timbre poste, fourni sous coffret avec une loupe indispensable à l’expérience! L’histoire car il y en a quand même une met en scène dans des planches de quatre à six cases, deux personnages, l’un physicien, l’autre philosophe, glosant sur les caractéristiques de l’infini, les dimensions parallèles ou les boucles temporelles.
L’idée est audacieuse et ludique. Malheureusement la loupe se révèle insuffisante et après quelques pages très difficilement déchiffrées, on pose le livre, les yeux explosés. Peut-être que de meilleurs yeux et/ou une loupe avec un meilleur grossissement permettrai(en)t de profiter de cette lecture. Mais le lecteur n’ayant ni l’un ni l’autre se contentera finalement d’admirer ce joli livre-objet. A 21,50 euros tout de même.
Dessin et scénario: Marc-Antoine Mathieu – Editeur: Delcourt – Prix: 21,50 euros.
