LES FESSES À BARDOT

Un repéreur de décors en quête du lieu de tournage d’un film débarque dans un village. Une comédie plaisante au charme désuet.

Quand Conrad Knapp, repéreur chargé de trouver le village qui servira de cadre au prochain film de Brigitte Bardot et de Jean Gabin, débarque à Trougnac, c’est l’ensemble du village qui s’en retrouve chamboulé.
Cette comédie légère nous plonge dans la France de la fin des années 50, entre tradition et modernité, à une époque où avoir une pharmacie et un cinéma est une fierté et où l’on rêve de monter à Paris pour devenir acteur. Philippe Pelaez s’amuse à nous décrire la crédulité des habitants – bien aidée en l’occurrence par une photo des fesses de Brigitte Bardot qu’exhibe Conrad Knapp pour prouver qui il est… – et à construire, en somme, une fable de l’arroseur arrosé.
La fin des « Fesses à Bardot » est assez attendue mais il y a quand même des surprises et la mise en scène qui fleure bon la province est sympathique. Dans ce village qui rappelle le Brescello de Don Camillo, on croise le curé méfiant, de vieilles bigotes rabats-joie, le maire laïc, le châtelain respecté, l’indispensable patron de bar et la belle jeune fille qui rêve d’ailleurs… Avec ces habitants hauts en couleurs qui vont faire des pieds et des mains pour convaincre ce repéreur de décors de choisir leur village et des dialogues vivants, « Les fesses à Bardot » pourrait être le scénario d’un film populaire d’antan. Le trait fluide et réaliste, les couleurs sépia et les acteurs célèbres croqués par Gaël Séjourné achèvent de poser l’ambiance.

Dessinateur: Gaël Séjourné – Scénariste: Philippe Pelaez – Editeur: Bamboo, collection Grand Angle – Prix: 22,90 euros.

Screenshot

Share