LES ADIEUX NE DURENT JAMAIS
Accompagné de ses meilleurs potes, un jeune homme vide la maison de son père qu’il n’a pas vraiment connu. Un album sensible autour du deuil.
Mattéo embarque ses deux potes Victor et Lennon près de Saint-Jean-de Luz afin de vider la maison de son père récemment décédé qu’il connaissait à peine et dont l’absence lui semblait acquise depuis longtemps. Mais en parcourant les pièces de la maison, il découvre sur un miroir un mystérieux post-it sur lequel est écrit un «Je suis toujours en vie»…
Après « L’étreinte », Jim et Laurent Bonneau proposent un nouvel album plus de 300 pages construit à rebours des méthodes traditionnelles. À l’origine, il n’y a ni scénario, ni découpage, mais une matière brute : un court-métrage réalisé par Laurent Bonneau en 2009 à partir d’un road trip entre amis dont Jim s’est emparé en laissant le récit se construire autour d’une réflexion sur la filiation.
Cette genèse atypique se ressent dans la lecture. « Les adieux ne durent jamais » se disperse parfois entre les différentes expériences vécues par le trio et les longues séquences quasi muettes mais en même temps cela rend le récit vivant et imprévisible, renforcé par des dialogues qui donnent l’impression d’être spontanés. Les voisins, la famille, les objets composent progressivement le portrait en creux du père disparu tandis que le dessin réaliste aux tons ocre et sable fait la part belle aux visages. Une jolie manière de raconter le deuil, les non-dits familiaux, la transmission et en fin de compte l’amour.
Dessinateur: Laurent Bonneau – Scénariste: Jim – Editeur: Grand Angle – Prix: 29,90 euros.