LE TEMPS DES PIVOINES
Au Moyen-âge, un meunier perd sa femme et sa fille tuées par des pillards. une histoire de résilience qui dresse un tableau soigné de l’époque.
Meunier, Jean vit avec sa famille une existence paisible dans un village moyenâgeux. Jusqu’à ce que Rolant, le jeune seigneur local, enrôle de force les hommes pour combattre son voisin. Mais profitant de leur absence, des pillards incendient le village et tuent femmes et enfants. Jadis vigoureux et jovial, Jean est dévasté par le chagrin…
Prenant pour cadre le XIIIe siècle, le récit scénarisé par Aucha (« Les mondes perdus ») dépeint avec soin sous le crayon de Maxime Balloche (qui signe ici sa première BD) la vie quotidienne de l’époque. Il est complété par un dossier final décrivant une société très hiérarchisée, de la paysannerie à la noblesse en passant par le clergé. Les personnages sont nombreux et, hormis l’Eglise peu présente finalement, représentent bien l’ensemble de cette société. Ils sont néanmoins très caricaturaux et, à l’exception de Jean le meunier, peu développés. Il faut dire qu’il y a peu de dialogues et que les émotions des protagonistes passent beaucoup par la colorisation aux couleurs plus ou moins gaies selon les situations et l’état d’esprit de Jean. Les passages sombres sont d’ailleurs pour certains très ternes.
Au-delà de la description de la vie médiévale, « Le temps des pivoines » se veut une histoire de résilience face aux malheurs de la vie mais les évènements qui se déroulent sur de nombreuses années s’enchaînent très vite, trop vite pour que le destin de Jean nous touche vraiment. Reste une morale rassurante: les fleurs finissent toujours par repousser sur les champs de bataille.
Dessinateur: Maxime Belloche – Scénariste: Aucha – Editeur: Glénat – Prix: 24 euros.