L’AMOUR ET LA VERMINE
Le meilleur des dessins de presse de Will McPhail pour le New Yorker.
Découvert en France grâce à « Au-dedans », auréolé notamment du Prix BD Fnac France Inter 2025, Will McPhail revient aujourd’hui avec « L’amour et la vermine », un recueil de quelque 250 de ses illustrations parues depuis une décennie dans The New Yorker. Le classement est thématique (introduit par de courts texte tout en autodérision) mais il n’empêche pas la variété: ses « avis très courageux » (« trouver une blague autour d’un thème politique ou social vous force à prendre position », se justifie-t-il) mais aussi la vermine (les rats, les pigeons, les cafards qui l’obsèdent), les animaux de second rang, le non-sens, la vie et surtout l’amour (« la seule chose digne de ce nom en ce bas monde. Oh. Et l’argent aussi. C’est important, l’argent ») ainsi que quelques dessins inclassables en bonus…
A travers un dessin épuré en noir et blanc légendé par page, parfois une petite histoire en quelques pages (pour lesquelles on est moins convaincu), l’illustrateur d’origine britannique décrit les angoisses de la vie moderne, les difficultés de communication et la solitude, démontrant son sens aigu de l’observation. Quelques dessins laissent perplexes (la faute à la traduction?) mais globalement le ton caustique sonne juste. Ses animaux sont réalistes – Will McPhail n’a pas fait d’études de zoologie à l’université pour rien -, ses humains aux yeux écarquillés apparaissent désarmés face au monde absurde dans lequel ils vivent. Tragique et comique à la fois.
Dessin et scénario: Will McPhail – Éditeur : Éditions 404 – Prix: 35 euros.

