LA SYMPHONIE DE KABOUL

Quand les talibans reviennent au pouvoir, les musiciennes de l’orchestre Zohra doivent fuir l’Afghanistan. Une histoire vraie qui raconte le destin de femmes fortes et interroge sur le prix de la liberté.

C’est l’incroyable – mais vraie – aventure de Zohra, le seul orchestre féminin d’Afghanistan. Fondé au sein de l’Institut national de musique d’Afghanistan, sous la direction du Docteur Sarmast, il incarnait la fragile promesse d’une émancipation des Afghanes jusqu’au retour des talibans au pouvoir, en août 2021. L’orchestre est contraint de fuir. Les musiciennes se dispersent aux quatre coins du monde mais gardent la volonté de continuer à jouer.
A l’origine de la BD, il y a un documentaire (« Keeping the music alive ») réalisé sur l’exil de ces Afghanes par Sarah El Younsi. Le récit est simple et raconté avec clarté: c’est une histoire d’émancipation, de lutte et de résistance; une histoire de femmes libres qui ne demandent qu’à vivre, jouer, transmettre leur art et leur musique, comme le rappelle Michel Welterlin, le directeur de la collection Témoins du monde de Steinkis. Le récit touche aussi par ce qu’il dit de l’exil de façon générale: le mal du pays, des familles séparées et un avenir incertain.
Graphiquement, Léa Taillefert adopte un style coloré et quasi photographique, ce qui renforce le réalisme de l’histoire mais donne aussi un rendu très figé qui peine à insuffler du mouvement et de l’émotion aux personnages. Reste une histoire forte qui rappelle que lorsque jouer devient interdit, continuer à jouer est déjà une manière de dire non.

Dessinatrice: Léa Taillefert – Scénariste: Sarah El Younsi – Editeur: Steinkis, collection Témoins du monde – Prix: 20 euros.

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