LA SCULPTRICE
Une jeune sculptrice découvre que les sculptures réalisées par l’une de ses anciennes camarades de l’école renferment des corps humains. Un récit étrange et parabolique qui interroge la folie.
Coline, jeune sculptrice en panne d’inspiration et de reconnaissance, assiste au vernissage de l’exposition d’une ancienne camarade d’école et ex-amoureuse, devenue une artiste courue. Mais lorsqu’une sculpture se brise sous ses yeux, Coline croit distinguer un véritable corps humain emprisonné dans la pierre. Alors que personne ne la prend au sérieux et qu’un barrage géant menace de se rompre et d’inonder toute la ville, Coline tente de prouver qu’elle n’est pas folle.
Derrière la simplicité de sa forme (des décors réduits à l’essentiel, un dessin stylisé, des aplats colorés d’une simple bichromie de rouge et de bleu) et sa liberté graphique (pas de bordures de cases, cet album à l’édition soignée est une fable métaphysique sur les souvenirs, la création artistique, l’identité et la santé mentale. Il n’y a ni rebondissement spectaculaire, ni révélation finale venant remettre les pièces du puzzle en ordre. Le récit progresse comme une lente dérive, entièrement porté par une héroïne dont la perception du réel devient de plus en plus incertaine: une maison familiale qui semble ne plus lui avoir jamais appartenu, un ancien camarade dont personne ne garde le moindre souvenir, un immense sculpteur prétendument retenu captif dans une cave, un gigantesque barrage qui menace d’engloutir la ville… Il faut accepter de perdre pied, de ne pas tout comprendre et de se laisser porter jusqu’à la conclusion, volontairement ouverte, qui invite chacun à construire sa propre interprétation.
Dessin et scénario: Quentin Vijoux – Editeur: L’Agrume – Prix: 22 euros.

