LA MAISON DES IMPIES

Un tueur s’en prend aux « Six de Satan », des individus ayant, enfants, dénoncé des violences rituelles. Un thriller noir simple mais maîtrisé.

Dans les années 80, l’Amérique puritaine découvrait avec horreur le récit de six enfants évoquant les violences rituelles que leur imposaient des démons dans un centre de vacances. Accusée sur la foi de ces témoignages appuyés par les juges et psychiatres, la monitrice du centre avait finit par se suicider… 20 ans après, l’un de ses enfants, Nathalie Burns, est contactée par un agent du FBI: trois des jeunes accusateurs de l’époque (surnommés les « six de Satan ») ont été tués ou sont morts dans des conditions suspectes.
Ce thriller n’est pas sans rappeler par certains côtés la fameuse affaire Outreau en France où dans les années 2000 des enfants avaient dénoncé à tort un vaste réseau de pédophilie déclenchant un incroyable emballement médiatique et un scandale judiciaire. Ici, le duo formé par Brubaker et Phillips a pris comme point de départ la vague de panique ayant touchée les Etats-Unis dans les années 80 suite à des rumeurs de cultes sataniques et d’enfants kidnappés par des élites de riches et de puissants. Nathalie Burns, qui tente de démêler les souvenirs des fantasmes créés par son imagination, va se retrouver plongée malgré elle dans son passé.
Noire à souhait, cette enquête aux relents sataniques embarque le lecteur assez facilement. L’intrigue aurait pu être plus fouillée et la conclusion plus originale mais l’héroïne est plutôt attachante et crédible avec ses blessures, le dessin est efficace et la narration est dynamique avec des allers et retours entre les époques bien identifiables. Bref, un one-shot maîtrisé.

Dessinateur: Sean Phillips – Scénariste: Ed Brubaker – Editeur: Delcourt – Prix: 18,50 euros.

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