LA DERNIÈRE DANSE – Grand Prix de Belgrade 1939
Le 3 septembre 1939, alors que la guerre est déclarée, quelques pilotes prennent le départ du Grand Prix de Belgrade de 1939. Un épisode méconnu de l’histoire automobile.
Comme une dernière course avant le chaos. Le 3 septembre 1939, le Grand prix de Belgrade doit être l’occasion d’une nouvelle démonstration de force des monoplaces allemandes d’Auto Union et Mercedes, les fameuses Flèches d’argent. Mais deux jours après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne et le jour même où la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au Reich, les quelques pilotes présents prennent le départ à contrecoeur.
Passionné d’automobile, l’auteur de « 24 Heures du Mans – Anthologie sixties » et de « Sebring 70 » retrouve un terrain qu’il maîtrise. Avec un souci du détail indéniable, il reconstitue cette ultime course de l’avant-guerre. Le redoutable circuit urbain de Belgrade est un personnage à part entière et Daoudi ne lésine pas sur les informations techniques: indications de vitesse, trajectoires, classement intermédiaire… Son trait semi-réaliste, nerveux et dynamique, restitue avec efficacité la sensation de vitesse tandis que les teintes sombres et l’omniprésence des symboles du régime nazi rappellent constamment que cette course se déroule à l’ombre du Troisième Reich. Car au-delà du simple récit sportif, « La Dernière Danse » souligne en creux la récupération du sport par le pouvoir politique.
Le sujet aurait sans doute mérité un développement plus conséquent mais en 48 pages seulement et sans petit cahier documentaire supplémentaire, l’album séduira finalement surtout les férus de sport automobile même si les amateurs d’épisodes méconnus de la Seconde Guerre mondiale y trouveront également matière à découverte.
Dessin et scénario: Youssef Daoudi – Editeur: Glénat – Prix: 15 euros.

