HERO ORGANIZATION – Tomes 1 et 2
Le jeune Leo est bien décidé à rejoindre l’élite des pilotes d’Aigis pour découvrir la vérité sur la mort de son père décédé au combat. Plus qu’un simple manga de méchas, un récit intelligent sur la propagande, le sacrifice et la fabrication des icônes.

A première vue, « Hero Organization » a tout du shōnen de mechas classique: des monstres gigantesques venus de l’espace, des armures robotiques surpuissantes, des pilotes admirés comme des rock stars et un jeune héros bien décidé à suivre les traces de son père disparu. Mais Kei Saikawa voit au delà.
Dans un futur où l’humanité a migré dans l’espace après avoir épuisé les ressources de la Terre, les colonies sont régulièrement attaquées par de mystérieuses créatures appelées « star beasts ». Leur seul rempart : les « Aigis », d’impressionnantes armures de combat pilotées par des soldats que la Hero Organization érige en modèles absolus. Lorsque Ryu Tyler, simple ouvrier devenu pilote pour rendre fier son fils, disparaît lors d’une mission, le jeune Leo grandit avec une seule obsession : intégrer cette organisation prestigieuse en passant par l’académie militaire d’East Point afin de découvrir ce qui s’est réellement passé.
L’univers est installé avec efficacité, les combats sont généreux et l’on retrouve ce plaisir immédiat propre aux mangas de méchas. Mais très vite, la série abandonne le simple spectacle pour explorer les coulisses de cette machine à fabriquer des héros. Derrière les discours glorifiant le courage et le sacrifice apparaît une organisation où la propagande compte plus que les individus. Décisions politiques opaques, communication verrouillée, manipulation de l’opinion publique, soldats sacrifiés pour préserver un récit officiel… Le deuxième tome accentue encore cette dimension en faisant progresser parallèlement la formation militaire de Leo et son enquête sur la disparition de son père. Graphiquement, Akira Takahashi met en scène des Aigis aux designs détaillés et variés, les combats sont lisibles, nerveux et spectaculaires mais les expressions des personnages parviennent à bien faire ressentir la fatigue, le doute ou la désillusion. Un début de série assez prometteur donc.
A noter que pour la parution simultanée des deux premiers volumes, un coffret collector, un ex-libris ainsi qu’un stylo-lampe est également proposé en librairie.
Dessinateur: Akira Takahashi – Scénariste: Kei Saikawa – Editeur: Glénat – Prix: 7,20 euros le volume.

