FILS DE BOURGE – Le doux printemps 1936

À la veille du Front populaire, un adolescent étouffe sous l’autorité d’un père brutal et fascisant avant de découvrir, au contact de jeunes ouvriers communistes, une autre vision du monde. Un récit classique mais qui restitue les tensions sociales d’une France au bord de la rupture.

Avec « Fils de bourge », Éric Stalner a choisi un moment charnière de l’Histoire française à l’aube de la Seconde Guerre mondiale: les tensions sociales qui ont précédé l’élection du Front populaire. François Bompierre, 17 ans, grandit sous la coupe d’un père brutal, acquis aux idées fascisantes et sous-directeur de l’usine d’une petite ville industrielle. Tandis que les ouvriers se mettent en grève et que le climat politique s’embrase, le jeune homme fait la rencontre d’une bande de jeunes communistes. Cette confrontation va bouleverser sa vision du monde autant que son destin.
Si le rythme est soutenu, le scénario s’avère plutôt classique – le fils qui s’émancipe d’un père tyrannique au contact d’un milieu plus chaleureux – et manichéen – des bourgeois méprisants que le lecteur se plait à détester, face à des « rouges » un peu rudes mais solidaires. Graphiquement, Éric Stalner reste fidèle aussi à un registre académique. Mais ses scènes d’usine et ses bals populaires aident à l’immersion. Sans transformer son récit de 80 pages en leçon d’Histoire, Stalner restitue d’ailleurs un pays au bord de la rupture : montée des ligues d’extrême droite, affrontements idéologiques, promesse des congés payés… La violence du père apparaît comme le symbole d’un monde profondément vertical où l’autorité s’impose par la peur et l’écrasement, telle la domination exercée par la bourgeoisie sur les ouvriers.

Dessin et scénario: Eric Stalner – Editeur: Bamboo, collection Grand Angle – Prix: 18,90 euros.

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