DIANA – Confidences d’une princesse rebelle
À travers la dernière interview de Lady Di, un récit qui éclaire autant une femme engagée qu’il questionne la machine médiatique qui l’a façonnée.
« Confidences d’une princesse rebelle » propose bien plus qu’un simple portrait de Diana Spencer. La question s’impose d’emblée : s’agit-il d’une biographie de Lady Di ou du récit d’une journaliste face à un moment d’Histoire ? La réponse, subtile, tient dans l’entrelacement des deux.
Le point de départ est journalistique. Annick Cojean, grand reporter au Monde, lance une série d’été ambitieuse : retrouver douze personnes capturées dans des photos devenues iconiques de la mémoire collective — de l’enfant du Vietnam à l’homme sur la Lune, en passant par les visages de Solidarnosc ou de la chute du mur de Berlin. Objectif: raconter l’envers du cliché, faire surgir l’intime derrière l’Histoire. Parmi eux, Diana. Son entretien paraît le 27 août 1997; elle mourra le 31 août dans l’accident de voiture tragique du tunnel du pont de l’Alma à Paris.
L’album au trait réaliste très sage et aux couleurs pastels est traversé par une admiration palpable pour la princesse, non pas figée en icône glamour mais révélée dans son engagement humanitaire et politique. Loin de l’image de «potiche» qu’on lui donnait, elle incarne une émancipation progressive qui en fait une figure féministe. Lors de cet ultime échange, Diana ose une prise de position inattendue en saluant l’action du travailliste Tony Blair contre les mines antipersonnelles — un geste audacieux dans un contexte monarchique où la neutralité est de mise et qui déchaînera aussitôt la presse britannique. Entre devoir et conviction, entre rôle imposé et parole libérée, Lady Di a choisi.
Au delà de cette figure centrale dont les ambiguïtés – son rapport aux médias, ses contradictions – restent un peu survolées, le lecteur prendra plaisir à (re)découvrir rapidement les destins des onze autres figures interviewées dans la série du Monde.
Dessinatrice: Sandrine Revel – Scénariste: Sophie Couturier – Editeur: Steinkis – Prix: 23 euros.