DANSER LA VIE
Un prof décide de faire danser une classe de collégiens pour briser les clichés. Une fausse BD-reportage mais une vraie histoire d’émancipation.
Non, la danse n’est pas uniquement destinée aux filles, aux blancs et aux homosexuels et « Danser la vie » est là pour rappeler cette évidence qui pourtant parfois n’en est pas une… Tout commence lorsque Guillaume Diop devient en 2023 le premier danseur noir étoile de l’Opéra de Paris. Valentin, prof de musique, décide alors de lancer un projet ambitieux avec une classe de collégiens: utiliser la danse comme outil pédagogique et social pour faire voler en éclats les clichés et transformer les mentalités. Malgré les préjugés de certains élèves et de leurs familles, le professeur persiste dans son idée.
Si la nomination de Guillaume Diop est authentique, l’histoire de « Danser la vie » est bel et bien une fiction sous ses allures de bande dessinée documentaire. Saverio Tomasella (« A fleur de peau », « Ultrasensibles ») s’associe d’ailleurs au dessinateur Samuel Figuière qui a déjà collaboré à plusieurs romans graphiques de reportage (« Terres d’accueil », « Au bord du monde », « La voie des chevriers »). Le scénariste, docteur en psychologie, écrivain et lui même passionné de danse, signe un scénario réaliste à la fois dans l’absence de moyens, les échanges de Valentin avec les élèves, la direction ou les enseignants qui voient d’un mauvaise cette initiative sortant du cadre officiel. Le découpage est classique mais la lecture vivante, notamment grâce aux dynamiques scènes de danse.
Au final, la conclusion est attendue et très bienveillante mais le discours développé invite à casser les stéréotypes et à l’émancipation.
Dessinateur: Samuel Figuière – Scénariste: Saverio Tomasella – Editeur: Marabulles – Prix: 23,95 euros.
