ALASKA
Dans un coin reculé d’Alaska, une jeune paléontologue part sur les traces des mammouths et de… sa mère disparue il y a 25 ans. Un thriller sauvage et glacé mais un peu superficiel.
Envoyée dans la baie reculée de Long Cross, en Alaska, Hannah, jeune paléontologue, a une mission en apparence limpide : étudier les ossements d’un mammouth révélés par la fonte du permafrost. Mais derrière ce prétexte scientifique se cache une quête autrement plus intime: la jeune femme espère enfin lever le voile sur la disparition de sa mère 25 ans avant, dans cette région hostile. Accueillie par Dorothy, une trappeuse vieillissante aussi rustre que misanthrope, Hannah plonge rapidement dans une atmosphère lourde de non-dits où chaque rencontre devient suspecte.
Graphiquement, Tieko livre un travail solide, porté par un trait réaliste qui capte avec justesse la rudesse des conditions. Les paysages alternent entre forêts baignées de lumière et étendues enneigées balayées par le blizzard. Mais ici le véritable danger ne vient ni du froid ni de l’isolement, mais bien des hommes. Teinté d’écologie, « Alaska » dresse surtout un portrait peu flatteur de la gent masculine, dont les représentants brillent par leur noirceur.
Sur un rythme soutenu, Philippe Charlot multiplie les rebondissements et ouvre beaucoup de pistes dans ce mélange de thriller, de récit initiatique et de survival à ciel ouvert, quitte à se disperser. Quelques retournements de situation peinent aussi à convaincre et la résolution apparaît finalement un peu trop simple. On pourra également s’étonner de certaines réactions des personnages, notamment celle d’Hannah, qui reste étonnamment impassible lors d’une rencontre majeure… Reste un récit assez imprévisible, à l’image de ces terres gelées où tout peut surgir, y compris le pire.
Dessinateur: Tieko – Scénariste: Philippe Charlot – Editeur: Grand Angle – Prix: 16,90 euros.