A FLEUR DE MOI

Fleur souffre d’une anxiété qui finit par se matérialiser sous la forme d’un double invisible. Un récit jeunesse simple mais qui met le doigt sur un problème de santé publique.

Fleur vit avec une anxiété qui envahit son quotidien. Un simple contrôle à l’école, une tentative de faire du roller ou même l’idée d’adresser la parole au beau Jules deviennent des épreuves insurmontables. Cette peur permanente, difficile à expliquer et encore plus difficile à combattre, finit même par se matérialiser en sortant du miroir.
Avec « À fleur de moi », Marco Barretta au scénario et Lorenza Di Sepio au dessin abordent un sujet très actuel: plusieurs études l’ont montré, la santé mentale des jeunes se dégrade et les troubles anxio-dépressifs ont augmenté, amplifiés par la pandémie de Covid-19. Le duo italien choisit pourtant de traiter ce problème de santé publique sans jamais sombrer dans la noirceur, en proposant un récit doux et léger.
L’objectif est de rendre visible ce qui se passe dans la tête d’un jeune confronté à ses peurs en affublant Fleur d’un double d’elle, invisible pour les autres, la suivant comme son ombre et la conseillant dans tous ses choix de vie. La représentation d’une crise de panique est à ce titre impressionnante et particulièrement réussie. Pour le reste, la partie graphique est agréable malgré des décors assez pauvres et le scénario simple, prévisible mais rappelle l’essentiel: il est possible d’apprendre à apprivoiser ses peurs mais surtout il ne faut pas rester seul face à ses difficultés.
On pourra regretter néanmoins que l’album soit publié dans la collection Miss Jungle – clairement pensée pour un lectorat pré-adolescent féminin avec une identité visuelle très genrée (héroïne adolescente, couleurs pastel et girly) – alors que le sujet peut concerner aussi les garçons.

Dessinatrice: Lorenza Di Sepio – Scénariste: Marco Baretta – Editeur: Jungle, collection Miss Jungle – Prix: 12,95 euros.

Share