Festival d’Angoulême 2024: Daniel Clowes, Catherine Meurisse et Posy Simmonds en lice pour le Grand Prix

Les auteurs de BD étaient appelés à voter pour le premier tour.

Qui succèdera à Riad Sattouf, élu Grand Prix du 51e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême? L’auteur franco-syrien désigné par ses pairs avait alors été préféré à Alison Bechdel et Catherine Meurisse. Cette dernière a encore été nommée cette année (la quatrième!), avec Daniel Clowes et Posy Simmonds par la communauté d’auteurs de bande dessinée appelée à voter au 1er tour du 3 au 9 janvier 2024. Le second tour se déroule du 12 au 17 janvier 2024. Le lauréat sera celui qui aura obtenu le nombre de votes le plus élevé. Le nom du nouveau Grand Prix sera annoncé le 24 janvier 2024 lors de l’Ouverture officielle du 50e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Daniel Clowes. Auteur complet, Daniel Clowes est l’une des voix les plus éminentes de la bande dessinée nord-américaine et figure de proue du comics indépendant. Il intègre l’institut Pratt de New York pour y étudier le dessin, mais fuit rapidement l’école d’art pour embrasser une carrière autodidacte, qui convient bien mieux à ses aspirations artistiques. Influencé par la mouvance lowbrow, il fait ses véritables débuts dans la revue Love and Rockets et publie en 1986 sa première œuvre « Lloyd Llewellyn », chez Fantagraphics. Commence une carrière prolifique jalonnée de titres désormais emblématiques, comprenant Comme un gant de velours pris dans la fonte (1993), « Ghost World » (1997), « Twentieth Century Eightball » (2002) et « Patience » (2016). Auréolées de neuf Harvey Awards, cinq Eisner Awards et cinq Ignatz Awards, ses satires sociales à l’ambiance fifties inspirent également le cinéma. « Ghost World » et « Art School Confidential » se voient notamment adaptées en film, avec la participation active de Daniel Clowes en tant que scénariste.

Catherine Meurisse. Elle est née en 1980. Après un cursus de lettres modernes, elle fait ses études à l’école Estienne puis à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs à Paris. Dessinatrice, autrice, caricaturiste, reporter et illustratrice d’albums pour la jeunesse, Catherine Meurisse est une artiste prolixe. Aiguisant son regard et son trait pendant quinze ans dans de nombreux titres de presse (Le Monde, Libération, Les Échos, L’Obs…) et plus particulièrement à Charlie Hebdo, elle réalise des bandes dessinées où l’esprit de sérieux n’a pas sa place. Après « Mes Hommes de lettres », « Le Pont des arts » (Sarbacane), « Moderne Olympia » (Futuropolis) et « Drôles de femmes » (Dargaud, avec Julie Birmant), elle publie en 2016 « La Légèreté », récit bouleversant de son retour à la vie, au dessin et à la mémoire, après l’attentat contre Charlie Hebdo auquel elle a échappé.
Après l’effronté « Scènes de la vie hormonale » paraît « Les Grands Espaces » (Dargaud), évocation de son enfance à la campagne, où se mêlent souvenirs savoureux et conscience esthétique et politique du paysage rural. En 2019, elle publie Delacroix, adaptation graphique toute personnelle des mémoires d’Alexandre Dumas, grand ami du peintre Eugène Delacroix. Son nouvel album, « La Jeune Femme et la Mer » interroge la place de l’Homme dans la nature et le recours à l’art pour saisir les paysages qui disparaissent.
En 2020, année où une grande rétrospective lui est consacrée à la BPI du Centre Pompidou, Catherine Meurisse devient la première autrice de bande dessinée membre de l’Académie des beaux-arts. Depuis septembre 2017, Philosophie Magazine publie chaque mois deux pages de Catherine Meurisse, en 2022 elle rassemblera ce travail en un album, « Humaine trop humaine » publié par Dargaud. Cent pages de dialogues, de citations et de mises en scène burlesques qui explorent et introduisent de façon insolite la pensée philosophique universelle.

Posy Simmonds. Née en 1945 dans le Berkshire, diplômée de la Central School of Art & Design de Londres après un an d’études à la Sorbonne, Posy Simmonds rejoint le Guardian comme illustratrice en 1972. Elle y fait la première partie de sa carrière, développant son art graphique et narratif. En 1999, Gemma Bovery, son premier magnum opus, lui vaut la notoriété internationale. 
Membre de l’ordre de l’Empire britannique, couronnée en 2022 par le Grand Prix Rodolphe-Töpffer, la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou lui consacre, après celles de Claire Bretécher, Catherine Meurisse, André Franquin, Riad Sattouf, Chris Ware, une grande rétrospective intitulée « Dessiner la littérature » jusqu’au 1er avril 2024. Elle vit et travaille à Londres.

Share