Décès de Dino Attanasio, doyen de la BD

Le dessinateur s’est éteint le 17 janvier 2026 dans sa 101e année. Il avait notamment publié les aventures de Spaghetti pour le journal Tintin.

Né le 8 mai 1925 à Milan, en Italie, Dino Attanasio, de son vrai nom Edoardo Attanasio, est décédé le 17 janvier 2026, dans sa 101e année, annoncent les éditions du Lombard.
Biberonné aux fumetti que lui offrait sa grand-mère maternelle, il dessine dès l’âge de dix ans ses premières bandes dessinées, inspirées des grands héros de l’époque comme Flash Gordon, Mandrake, et Dick Tracy, mais aussi des productions Disney. En 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, il commence à exercer cette activité de manière professionnelle, réalisant en quelques années près d’une centaine d’illustrations et autant de planches de bande dessinée dans différentes publications des éditions Edital. Il s’inscrit à l’école des beaux-arts de sa ville natale, où il obtient son diplôme en peinture, et participe également à l’un des premiers longs métrages italiens d’animation, « La Rose de Bagdad ».
À la fin des années 1940, Dino Attanasio décide de s’orienter pleinement vers la bande dessinée. Fuyant l’atmosphère pesante de l’Italie d’après-guerre, il s’installe avec son frère en Belgique en 1948. Il multiplie les petits boulots, et c’est à cette époque qu’il réalise sa première couverture pour le journal Tintin, en illustrant un conte signé Jean Ray. Par la suite, Dino Attanasio est engagé par Georges Troisfontaines, le patron de l’agence World Press. Le jeune homme y fait des rencontres décisives avec Eddy Paape, Victor Hubinon, Jean Graton, Albert Weinberg, Jean-Michel Charlier, ou encore René Goscinny. Ces derniers lui écrivent plusieurs scénarios de la série « Fanfan et Polo », qui paraît dans La Libre Junior. Dino Attanasio met aussi en images des récits pour d’autres journaux belges et français, comme la revue Petits Belges, ainsi que le Journal de Spirou.


En 1956, il dessine « Pastis et Dynamite », sur un scénario de Greg, avant de retrouver René Goscinny, qui
est en disgrâce à la World Press, et vient d’entamer une collaboration avec l’hebdomadaire Tintin. Il lui écrit les aventures de « Spaghetti », une série humoristique qui s’inspire d’un personnage créé par Dino Attanasio lui-même, et pour lequel il s’était inspiré de son expérience d’immigré italien en Belgique. Jusque dans les années 1980, plusieurs autres scénaristes interviennent sur cette saga d’une vingtaine de tomes, notamment Roger Francel, Lucien Meys, Greg, José-Louis Bocquet, ou encore Jean-Luc Fromental. Les éditions Le Lombard ont publié une intégrale de « Spaghetti » en six volumes en 2011 et 2012.
Fort de ce succès, Dino Attanasio se voit confier l’adaptation graphique de « Bob Morane », héros des romans d’Henri Vernes publiés chez Marabout. La bande dessinée paraît dans les pages de l’hebdomadaire Femmes d’aujourd’hui. Le dessinateur réalise cinq albums jusqu’en 1963, avant de céder sa place à Gérald Forton. En 1961, il prend par ailleurs la suite de Franquin pour la série « Modeste et Pompon », dans le journal Tintin. Il en dessine plus de 500 gags jusqu’en 1968. Dans les années 1980, il réalise plusieurs one-shots aux éditions Michel Deligne, avant d’adapter « Le Décaméron » avec son fils Alexandre, qui sort en 1991. Trois ans plus tard, il signe même un ultime album de « Bob Morane ».

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