LES 400 COUPS – Certain les font, d’autres les prennent
Une vingtaine d’auteurs replongent dans les années 1980 et 1990 pour raconter avec humour leurs pires souvenirs sur les bancs de l’école.
Les nostalgiques de l’école d’antan risquent de revoir leur copie. « Les 400 coups, certains les font, d’autres les prennent » réunit une vingtaine de dessinateurs et scénaristes exhumant leurs pires souvenirs d’école dans les années 1980-1990. Une idée née dans la tête de la dessinatrice Evemarie dans le sillage des multiples révélations sur les violences commises dans certains établissements scolaires.
Jean-Christophe Mazurie ouvre le bal avec le récit d’une année de CM1 vécue sous la terreur permanente d’un maître autoritaire. Puis les souvenirs s’enchaînent. Dix-neuf autres récits courts (signés Fabcaro, Jocelyn Joret, Gilles Rochier, Laetitia Coryn, Romain Dutreix, Claire Bouilhac, Gally, Nicolas Moog, Arnaud Le Gouëfflec, Efix, Bob, B-gnet, Jérôme Jouvray, Courty, Laurent Dufreney, Fabrice Erre, Witko, James, Guerse, Soulcié et Bouzard) traversent primaire, collège et lycée, convoquant brimades, humiliations, harcèlement entre élèves, injustices, violences physiques et morales… Une série de blessures dont certaines pèsent longtemps après que la sonnerie a retenti pour la dernière fois.
Comme dans tout recueil collectif, les historiettes appartiennent à des registres narratifs et des styles graphiques variés. Mis en scène à travers un découpage sage ou davantage éclaté, certains souvenirs sont drôles, d’autres plus tendres ou chargés de rancœur. Le résultat est forcément un peu inégal mais la persistance de certaines situations est frappante, même si Evemarie se veut résolument optimiste sur l’école d’aujourd’hui. Le harcèlement, l’exclusion ou l’incapacité d’une école à entendre les enfants et à les aider à trouver leur voie n’ont malheureusement pas disparu avec le droit pour les enseignants de lever la main sur les élèves.
Dessin et scénario: collectif – Editeur: Fluide Glacial – Prix: 18,90 euros.

