ESTAMPILLÉ JAPON
Des gags autour des clichés du Japon traditionnel. Un album au visuel réussi mais qui laissera les connaisseurs de la culture nippone sur leur faim.
Le Mont Fuji, les ninjas, les sumos, les samouraïs, les temples, les jardins zen, la saison des sakura en fleurs, les carpes sacrées, le théâtre kabuki… C’est dans ce catalogue de clichés qu’a puisé Erik Tartrais pour « Estampillé Japon », un succession de gags absurdes au coeur de l’époque Edo.
Visuellement, l’auteur déjà connu pour « Bienvenue chez Smitch » également publié chez Fluide Glacial est tout à fait dans le ton: les paysages, les bâtiments et les costumes dessinés d’un trait semi-réaliste rappellent les estampes japonaises. Une impression renforcée par le travail de colorisation d’Annelise Sauvêtre, ses teintes pastel délicates, le rose éclatant des cerisiers en fleurs ou le bleu profond de « La Grande Vague de Kanagawa ».
Le fond est moins convaincant. Il y a de bonnes idées, on sourit, mais l’ensemble peine à exploiter réellement le cadre. On en vient régulièrement à se demander pourquoi ces histoires se déroulent dans le Japon médiéval plutôt qu’ailleurs. Les lecteurs curieux d’une ambiance japonisante y trouveront un certain plaisir. En revanche, les passionnés du Japon attirés par la promesse d' »un album surprenant qui détourne les clichés culturels du Japon traditionnel » risquent de rester sur leur faim.
Dessin et scénario: Erik Tartrais – Editeur: Fluide Glacial – Prix: 13,90 euros.

