UN CRUSH D’ENFER

Un ado prend un job aux Enfers et se fait aider par des diablotins pour séduire la belle Annika. Une comédie romantique absurde au potentiel sous-exploité.

Jonas en est persuadé : pour séduire la belle Annika, rien de tel qu’une Vespa rouge, à l’image de son camarade Tristan. Mais pour s’offrir l’objet de ses espoirs amoureux, l’adolescent doit trouver un petit boulot. Il tombe alors sur une annonce pour le moins étrange : balayeur de cendres. « Beaucoup de travail et beaucoup de crasse pour une paie minable ». Parfait. Ni une ni deux, Jonas suit les instructions improbables – trois pressions sur la touche six avec un doigt ensanglanté – et demande à parler à… Satan. Enfin, Stan. Le voilà propulsé en enfer, embauché au milieu de collègues diablotins qui s’improvisent entremetteurs.
Imaginée par l’Allemand Patrick Wirbeleit, l’intrigue, franchement tirée par les cheveux, mêle romance adolescente et humour noir dans une succession de situations loufoques dessinées dans un style minimaliste mais coloré par l’Espagnole Elva Lombardia. Le récit enchaîne tentatives de séduction ratées et confrontations avec des démons à l’intelligence toute relative. Sur le papier, le mélange avait de quoi séduire : un zeste d’absurde, une pincée de satire et une bonne dose de second degré. Dans les faits, l’humour peine à convaincre. Souvent potache, parfois franchement niais, il manque de finesse, donnant à l’ensemble une impression de légèreté un peu creuse. Plus gênant encore, le personnage d’Annika (jolie et apparemment matérialiste et vénale) réduite à une figure stéréotypée. Dommage, car le parallèle entre monde du travail et enfer (chefs tyranniques, tâches absurdes, punitions sans fin…) laissait entrevoir des gags plus mordants.

Dessinatrice: Elva Lombardia – Scénariste: Patrick Wirbeleit – Éditeur: Les Aventuriers d’Ailleurs – Prix: 16,90 euros.

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