SON OF A GUN! – histoire complète
Un shérif improvisé, une chasseuse de primes et un nain en quête d’un trésor que seule une chèvre est capable de retrouver. Un pastiche de western inspiré.
Avec « Son of a gun », Philippe Pelaez et Sébastien Corbet s’attaquent à un genre fameux, le western, pour mieux en dynamiter les codes à coups de revolver, de répliques acérées et de personnages hauts en couleur. On y croise un faux shérif changeant de nom plus souvent que de chemise, une chasseuse de primes experte en lames, un nain bavard, un chien aux coups de dents facile et même une chèvre qui vaut son pesant d’or… Bref, un drôle de casting pour une chasse au trésor effrénée où deviner qui doublera les autres se révèle mission impossible tant les coups fourrés s’enchaînent.
Les braquages de banque, les saloons enfumés, les duels au colt sous un soleil de plomb ou les vautours tournoyant au dessus des têtes: tous les codes du Far West sont là. Mais « Son of a gun » — expression anglaise signifiant « bâtard » — s’amuse à les tordre avec jubilation. Sa couverture, évoquant une vieille affiche de cinéma, convoque l’ombre des classiques de Sergio Leone (« Pour une poignée de dollars », « Et pour quelques dollars de plus », « Le Bon, la Brute et le Truand ») ainsi que l’ironie mordante de Quentin Tarantino. L’humour, omniprésent, oscille entre burlesque et noirceur. Car si l’on rit beaucoup, on abat aussi sans sourciller hommes et animaux. Les cadrages dynamiques, gros plans ou contre-plongées, renforcent l’aspect cinématographique d’un récit au trait nerveux et à la mise en scène fluide qui privilégie l’action et les personnages aux décors. Au final, « Son of a Gun » s’impose comme un pastiche de western inspiré et décomplexé, qui sent la poudre, la sueur et les coups bas.
Dessinateur : Sébastien Corbet – Scénariste : Philippe Pelaez – Editeur : Grand Angle – Prix: 19,90 euros.