QUAI D’ORSAY – Tome 1. Chroniques diplomatiques

Peinture décapante des coulisses du Quai d’Orsay. Original.

Avec son ondulante chevelure grise et son port altier, le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms risque fort de vous rappeler un certain Dominique de Villepin. Il fait appel à Arthur Vlaminck pour rédiger ses discours, notamment pour une intervention devant l’ONU… Mais pas facile de suivre un homme aussi hyperactif qui a une idée à la seconde.

Sous le pseudo d’Abel Lanzac, le scénariste – dont c’est ici la première incursion dans la bande dessinée – évoque l’univers impitoyable de la politique et de la diplomatie. Un monde qu’il connaît a priori plutôt bien puisqu’il fut lui-même membre de plusieurs cabinets ministériels. Et la description n’est pas tendre: la galerie de personnages qui s’échinent dans cette fourmilière qu’est le Quai d’Orsay nous montre des dévoués, des lèches-bottes, des ambitieux, des traîtres, etc.

Le ton est celui de l’humour mordant, le trait de Christophe Blain (« Isaac le pirate ») insuffle du dynamisme aux planches mais oser faire 96 pages bavardes (plus un deuxième tome à paraître) sur les coulisses d’un ministère des Affaires étrangères au coeur de l’actualité internationale (construction européenne, terrorisme…) était plutôt gonflé. Lanzac et Blain s’en sortent avec les honneurs.

Dargaud

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