ON ÉTAIT DES ANGES – Tome 1

Un groupe de jeunes désoeuvrés dans les années 90. Une chronique douce-amère sur l’adolescence et ses rêves d’ailleurs.

« On a 16 ans, on a de la dynamite dans les mains et de feu dans la cervelle. » Pas facile d’être jeunes dans une petite ville pavillonnaire trop tranquille du Grand Est des années 1990. Certains, comme Chris, Magou ou Tralala, s’en accommodent. D’autres, comme Vivi ou Persille, rêvent de se faire la malle. En attendant, on tue le temps comme on peut : virées à mobylette, baignades, boums entre amis sur fond de The Cure, Cindy Lauper ou Prince. Les cheveux se dressent en pétard, les yeux se cerclent de noir et l’ennui nourrit les envies d’ailleurs.
Plus qu’une époque, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg – déjà complices sur « L’Astragale », « Serena » et « Copenhague » notamment – capturent ce moment fragile où l’adolescence vacille. Cette période charnière de l’existence où les amitiés comptent plus que tout et semblent indéfectibles, où l’enfance s’efface peu à peu, laissant place à des rêves qui risquent à tout moment de se fracasser sur les désillusions de l’âge adulte.
Le rythme volontairement lent, les situations peu spectaculaires et l’accent porté aux regards installe une intimité pudique et une atmosphère douce-amère mélancolique pleine de nostalgie. De cette chronique douce-amère se dégage une mélancolie diffuse, pleine de nostalgie.
Que restera-t-il bientôt de cette soif d’évasion et de liberté ? Premier volet d’un diptyque, l’album annonce déjà un second temps du récit : trente ans plus tard, une fois passés les élans de jeunesse.

Dessinateur: Terkel Risbjerg – Scénariste: Anne-Caroline Pandolfo – Editeur: Dargaud – Prix: 22,95 euros.

Share