L’ECOLE EST FINIE!
Récit d’un long décrochage scolaire jusqu’à trouver sa voie. Entre autodérision et regard critique sur l’institution, un album qui, sans révolutionner le genre, touche par son humour et sa sincérité.
Avant de signer des bandes dessinées comme « Hey June », « Magical Mystery June » ou « La Boulonichon », Evemarie a connu un parcours scolaire pour le moins chaotique. Avec « L’école est finie ! », elle replonge dans ces années de collège et de lycée où rien ne semblait fonctionner : arrivée en 6e avec le sentiment d’être à la fois la plus petite, la plus jeune et la plus en décalage, moqueries liées à son nom de famille (Cabot), etc. Rapidement, les notes chutent — surtout en maths — et l’école devient un espace d’échec plus que d’apprentissage. Ballottée jusqu’à une école privée catholique où elle subit et observe humiliations et violences, l’autrice décrit sans détour un système rigide qui broie les élèves atypiques. Chez l’adolescente, une seule envie subsiste, chevillé au corps: dessiner. Ce n’est qu’en Belgique, à l’Institut Saint-Luc, qu’elle trouvera enfin sa voie : un cadre où la liberté et la créativité prennent le pas sur la contrainte.
Préfacé par Fabcaro, l’album assume pleinement son ton : celui d’un récit autocentré, mais surtout empreint d’autodérision, porté par un humour constant, une narration fluide et un trait rond et expressif. Sans révolutionner un genre bien balisé — à commencer par « Retour au collège » de Riad Sattouf —, Evemarie livre un témoignage sincère qui interroge la place laissée à celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Son témoignage faut aussi écho aux nombreuses affaires de violences en milieu scolaire révélées au grand jour puisque l’établissement privé catholique Jean-Baptiste-de-la-Salle à Rouen où elle a été scolarisée a été visé dernièrement par des accusations de violences physiques et sexuelles remontant aux années 1950.
Dessin et scénario: Evemarie – Editeur: Robinson – Prix: 19,99 euros.