LE MARCHE-LUNE
Une extraterrestre se faisant passer par une prêtresse antique mésopotamienne enquête sur la disparition de l’observateur qui l’a précédée. Un beau one-shot qui interroge nos mythes fondateurs.
Sous les traits d’une prêtresse d’Ishtar, une émissaire venue d’une civilisation technologiquement très avancée est envoyée sur Terre afin de retrouver un observateur disparu et d’évaluer les progrès de l’espèce humaine. Son regard, d’abord aussi clinique que celui d’un scientifique face à son sujet d’étude, se trouble progressivement au contact d’une humanité déjà façonnée par la violence, les croyances et les rapports de domination.
Visiblement fasciné par cette période où les hommes commencent à organiser le monde à travers les récits et les symboles, Simon Spruyt (« Junker », « Le tambour de la Moskova ») interroge les fondements mêmes de la civilisation, la naissance des religions comme celle des structures de pouvoir. La narration est parfois un peu complexe avec une série de rapports d’observation dans différents lieux et époques. Mais ce petit effort intellectuel est largement compensé par la beauté des planches composant des architectures antiques et des étendues désertiques baignés d’ocres et de bleus, au travers d’un trait semi-réaliste, mêlant lavis, crayons, pastel et aquarelle.
Dessin et scénario: Simon Spruyt – Éditeur : Le Lombard – Prix : 19,95 euros.