LE DERNIER ÉCRIVAIN – Tome 1
Un écrivain se réveille après un sommeil cryogénique de 100 ans, dans un monde où l’IA générative écrit les romans. Une intrigue qui ouvre un débat intéressant et très actuel.
Que deviendra la littérature lorsque les intelligences artificielles auront remplacé les auteurs ? C’est autour de cette interrogation que la mangaka Chitose Akai construit « Le dernier écrivain », une série de science-fiction en quatre tomes qui met en scène Yagura Sugai, un jeune auteur inconnu, qui accepte d’être cryogénisé dans le cadre d’un programme expérimental avec l’espoir qu’un traitement soit découvert à la ma,ladie incurable dont il souffre. Un siècle plus tard, il se réveille guéri dans une société où l’intelligence artificielle générative domine désormais la création littéraire. Ironie du sort, son nom est devenu celui d’un auteur de référence. Mais une lettre vient bouleverser davantage encore ses certitudes : elle est signée de son ancienne petite amie, pourtant censée être morte depuis longtemps.
Porté par un trait fin et précis et une mise en scène sobre et un peu mélancolique, le récit s’articule autour de deux axes. Le premier relève du drame sentimental et explore les liens humains à travers le prisme du temps qui passe. Un axe qui peine toutefois à convaincre pleinement, les relations amoureuses apparaissant vite expédiées tandis que les personnages féminins restent cantonnés à des rôles assez convenus. C’est plutôt sur son second axe que le manga est original car Chitose Akai interroge la nature même de la création : qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre ? Une intelligence artificielle, dénuée d’expérience vécue, peut-elle produire un récit capable de susciter une émotion authentique ? À l’heure où les IA génératives s’imposent progressivement dans les métiers créatifs, ces questions résonnent avec une actualité évidente. En cela « le dernier écrivain » ouvre un débat particulièrement stimulant.
Dessin et scénario: Chitose Akai – Editeur: Glénat – Prix: 7,90 euros.