JINX

Une chasseuse de primes, un petit escroc et son acolyte imprévisible s’unissent pour récupérer une réserve d’argent cachée de la mafia. Une immersion difficile, entre dialogues foisonnants et clair-obscur radical.

Après « Torso », c’est un autre polar de Brian Michael Bendis que propose de redécouvrir les éditions Delcourt. Cette réédition de « Jinx », initialement paru en 2006, est désormais proposée dans un imposant format intégral de plus de 460 pages.
L’histoire met en scène une galerie de personnages aussi cabossés qu’intéressants: Jinx, chasseuse de primes flirtant constamment avec les limites de la légalité, Goldfish petit escroc opportuniste et son incontrôlable acolyte Columbia. Tous convergent vers un même objectif : mettre la main sur un butin de trois millions de dollars issus de la mafia, chacun des protagonistes possédant une pièce du puzzle… et des raisons de trahir les autres. Le trio instable fonctionne bien: on ne sait jamais vraiment à qui faire confiance, ni dans quelle direction le récit va basculer.
Pourtant, tout n’est pas aussi fluide qu’on pourrait l’espérer. Les dialogues sont nombreux et denses et les locuteurs ne sont pas toujours aisément identifiables. Une confusion qui se retrouve également dans la partie graphique. Le noir et blanc, dominé par des aplats très sombres, installe une ambiance oppressante en phase avec le récit mais les planches dans lesquelles on ne distingue parfois que quelques parties de corps ou de visages sont aussi difficiles à déchiffrer. Dommage.

Dessin et scénario : Brian Michael Bendis – Editeur : Delcourt – Prix : 32,50 euros.

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