"Le poison des millions" divise "Charlie Hebdo"

, par Estelle

Les membres de l’hebdomadaire réclament la création d’une société coopérative.

Ironie du sort, en voulant éradiquer Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les auteurs de la tuerie ont permis à l’hebdomadaire satirique de sortir économiquement du rouge. 240.000 abonnés au lieu de 8.000, huit millions d’exemplaires vendus pour le "numéro des survivants"… au total, entre les ventes, abonnements, dons et aides publiques, Charlie Hebdo aurait récupéré près de 30 millions d’euros… Le journal a donc de quoi voir venir. Mais cette manne constitue aussi un motif de discorde.
Hormis le nouveau directeur Riss et le directeur financier Eric Portheault, les membres de Charlie Hebdo ont signé cette semaine une tribune sur le site du Monde dans laquelle ils expliquent que pour "échapper au poison des millions", il faut "remettre à plat l’architecture de "Charlie" en recourant à une forme de société coopérative“ et en abandonnant "le statut d’entreprise commerciale". "Nous refusons que le journal, devenu une proie tentante, fasse l’objet de manipulations politiques et/ou financières, nous refusons qu’une poignée d’individus en prenne le contrôle, total ou partiel, dans le mépris absolu de ceux qui le fabriquent et de ceux qui le soutiennent", poursuivent les quinze signataires (Zineb El-Rhazoui, Simon Fieschi, Antonio Fischetti, Pascal Gros, Philippe Lançon, Laurent Léger, Luz, Mathieu Madénian, Catherine Meurisse, Patrick Pelloux, Martine Rousseaux, Jean-Baptiste Thoret, Sigolène Vinson, Jean-Luc Walet, Willem).
Avant l’attaque du 7 janvier, Charlie Hebdo était détenu à 40% par Charb, à 40% par Riss et à 20% par Eric Portheault.