ALASTOR DE SOMBREGARDE – Tome 1. L’infâme gentilhomme
Un maître-gobelin et un chevalier maudit revenu d’entre les morts réunis pour un long voyage semé d’embûches. Des héros attachants pour une aventure épique prometteuse.
Avec « Alastor de Sombregarde », Dobbs propose une entrée en matière aussi classique dans sa structure qu’originale dans son ton. L’album s’ouvre sur une résurrection : celle du chevalier noir Alastor, ramené à la vie sur un champ de bataille par le maître-gobelin Guulghar, lui-même flanqué d’un sceptre où loge le crâne (très) bavard de son frère Huulghar. Dès lors, ce trio improbable se met en marche.
Le canevas est simple, proche de la chanson de geste médiévale : un voyage jalonné d’étapes, chacune donnant lieu à son lot de rencontres et d’épreuves. Ici, il s’agit d’aider une vouivre à nourrir ses petits affamés ou de participer à un mariage paysan ; là, de libérer un fort ou d’échapper à un esprit de la forêt agressif. Le récit, découpé en chapitres, avance ainsi par touches successives. Progressivement, l’univers se dévoile et s’enrichit, esquissant un monde où les frontières entre le Bien et le Mal demeurent floues, peuplé de protagonistes à la morale pour le moins élastique. La force de l’album réside aussi dans sa galerie de personnages qui témoigne d’une belle inventivité et dans l’attachant quatuor formé par Alastor, Guulghar, Huulghar et le petit gobelin Nox. Dynamiques et savoureux, leurs dialogues et interactions insufflent beaucoup d’ironie et d’humour dans le récit, venant contrebalancer avec légèreté la noirceur ambiante. Un premier tome prometteur.
Dessinateur: Aurélien Morinière – Scénariste: Dobbs – Editeur: Oxymore – Prix: 18,95 euros.