Fresque effacée dans le Val-de-Marne: la justice donne raison à Chloé Wary

La commune de Champigny-sur-Marne a été condamné pour avoir fait recouvrir de peinture blanche la fresque.

Au printemps 2023, la commune de Champigny-sur-Marne confie à Chloé Wary (« Saison des roses », « Beethov sur Seine », « Rosigny zoo ») un atelier de bande dessinée et la réalisation participative d’une fresque murale. Le 7 octobre 2023, l’œuvre est inaugurée. Longue d’environ 23 mètres, elle raconte la jeunesse du quartier, le sport et les luttes qui l’animent. Mais trois jours après, sans prévenir l’autrice, la municipalité fait recouvrir l’intégralité de la fresque de peinture blanche. En cause: une inscription « Justice pour Nahel!» d’à peine 50 centimètres. En décembre 2024, faute de reconnaissance du préjudice et de restauration de la fresque, Chloé Wary a assigné Champigny-sur-Marne en justice.
Par un jugement du 1er octobre 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la commune de Champigny-sur-Marne. Pour les juges, « cette destruction en l’absence de consentement de l’auteur suffit à caractériser l’atteinte au droit au respect de l’œuvre ». Le tribunal estime aussi que l’atteinte est disproportionnée : même à supposer un motif légitime, l’inscription pouvait être masquée ou retirée sans toucher au reste de la fresque, rappelle le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac) qui s’est porté partie à la procédure à ses côtés et salue une décision importante pour le droit moral de toutes les autrices et de tous les auteurs.
La commune a été condamnée à verser 1.100 euros de dommages-intérêts à Chloé Wary au titre de son préjudice moral, ainsi qu’aux dépens.

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