Décès de Hermann, un géant du 9e art
Figure du journal Tintin et des éditions du Lombard durant 60 ans, l’auteur belge avait 88 ans.
« C’est le monde de la bande dessinée et tous les amoureux du 9e art qui viennent de perdre un immense auteur », écrivent dans un communiqué les éditions du Lombard qui viennent d’annoncer le décès d’Hermann, pilier de la bande dessinée européenne et Grand Prix de la Ville d’Angoulême 2016. L’auteur belge s’est éteint le 22 mars 2026, à l’âge de 88 ans.
Figure du journal Tintin et des éditions du Lombard durant 60 ans, il est considéré comme l’un des plus grands dessinateurs réalistes de la BD franco-belge avec ses 120 albums paru, du western, au récit d’anticipation, en passant par la saga médiévale ou le fantastique.
Né le 17 juillet 1938 à Bévercé, près de Liège en Belgique, Hermann Huppen s’était lancé dans la bande dessinée au milieu des années 1960 après avoir fait son apprentissage en ébénisterie et avoir travaillé dans un cabinet d’architecte. Il fait ses premières armes dans Spirou, avant de rejoindre le journal Tintin. Sa rencontre avec le scénariste Michel Greg sera décisive. De cette collaboration naissent deux séries emblématiques : « Bernard Prince » et « Comanche ».
Après une décennie de collaboration, Hermann choisit de tracer sa propre voie: « Jeremiah », « Les Tours de Bois-Maury », « Sarajevo-Tango ». «Un artisan doit rester insatisfait. S’il ne se remet pas constamment en question, il cesse d’évoluer», disait Hermann.
À partir des années 2000, Hermann travaille étroitement avec son fils, Yves H., avec qui il signe de nombreux albums, notamment dans la collection Signé: « Manhattan Beach 1957 », « The Girl from Ipanema », « Station 16 » et « Old Pa Anderson ». Ensemble, ils explorent des univers variés, du polar au western, jusqu’à la série « Duke », lancée en 2017.
Son ultime album, réalisé avec son fils, « Cartagena », doit paraître le 30 avril 2026. Gangrénée par le trafic de drogue, Cartagena est une ville qui semble n’offrir qu’un seul débouché aux habitants des quartiers défavorisés : intégrer le cartel local. C’est le cas d’Alvaro, 20 ans. De l’autre côté de la loi, Felix Garzon est flic. La rencontre entre ces deux-là semble donc explosive…