MATA HARI

Une vision romantique de la vie de Mata Hari, femme d’officier, danseuse exotique, courtisane et espionne.

A son nom est immédiatement associé le mot « espionne ». Fusillée en 1917 par l’armée française pour intelligence avec l’Allemagne, Mata Hari a-t-elle vraiment été l’espionne que l’on a dit ou a-t-elle surtout été un bouc émissaire? Après Victor Hugo, Laurent Paturaud et Esther Gil retracent le parcours de Margaretha Zelle qui fut d’abord femme d’officier aux Indes néerlandaises avant de parcourir l’Europe comme danseuse orientale et de devenir courtisane sans se soucier de la nationalité de ses amants.

Les couleurs sont douces, le dessin est très beau, mettant en valeur le charme certain de la lascive danseuse et les décors de l’époque grâce à des cases détaillées, qu’il s’agisse des édifices parisiens ou de la jungle javanaise. Sans répondre explicitement à la question de la culpabilité de Mata Hari, les auteurs montrent le jeu dangereux auquel Mata Hari a joué sans vraiment le vouloir mais aussi l’opportunité de sa condamnation pour l’Etat français et donnent surtout d’elle une image romantique, celle d’une jeune femme à la fois ingénue et ambitieuse, mythomane aussi, amoureuse encore. En 2001, la fondation hollandaise Mata-Hari et la ville natale de la danseuses, Leuwarden, avaient déposé une requête en révision de sa condamnation auprès de la France. La demande a été rejetée.

Dessinateur: Laurent Paturaud – Scénariste: Esther Gil – Editeur: Daniel Maghen – Prix: 16 euros.

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