Festival d’Angoulême 2019 : le palmarès officiel

Le Fauve d’or du 46e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême revient à "Moi, ce que j’aime, c’est les monstres" de l’Américaine Emil Ferris.

Le palmarès officiel 2019 du 46e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a été annoncé. Le Prix du Meilleur album, le Prix spécial du jury, le Prix de la série et le Prix Révélation ont été choisis parmi les 45 albums de la sélection officielle (lire notre article du 20/11/18).

  • Fauve d’Or prix du meilleur album : "Moi, ce que j’aime, c’est les monstres" d’Emil Ferris (Monsieur Toussaint Louverture). Ouvrage monumental en forme de journal intime tenu par une jeune fille fascinée par les créatures monstrueuses, c’est une ode magistrale à la différence et un plaidoyer en faveur du respect de l’autre, encensé par des auteurs prestigieux comme Art Spiegelman.
    En 2002, Emil Ferris, mère célibataire et illustratrice, gagne sa vie en dessinant des jouets et en participant à la production de films d’animation. Mais on lui diagnostique soudain une méningo-encéphalite. Les médecins lui annoncent qu’elle ne pourra sans doute plus jamais marcher. Elle n’est plus capable de tenir un stylo non plus. Alors qu’elle ne se voit plus aucun avenir, les femmes fortes à ses côtés l’encouragent – la thérapeute en charge de sa rééducation, ses amies et sa fille –, et Emil décide de se battre. Elle va jusqu’à scotcher un stylo à sa main pour dessiner, ce qui lui prend un temps fou… mais à force de persévérance, elle s’améliore. Emil décide de prendre un nouveau départ et s’inscrit au Chicago Art Institute, dont elle sortira, avec son diplôme, d’un pas déterminé. C’est à cette époque qu’elle commence l’écriture de son roman graphique : "Moi, ce que j’aime, c’est les monstres". Elle mettra six ans à réaliser cette œuvre de 800 pages. Après 48 refus, l’éditeur Fantagraphics accepte le manuscrit.
  • Prix spécial du jury : "Les Rigoles" de Brecht Evens (Actes Sud). Par une nuit d’été, tout peut arriver. Les corps et les destins s’entremêlent au gré des rencontres et du hasard pour composer une œuvre chorale baignée de couleurs, en hommage à la fête et à la vie. Grand maître de l’aquarelle, Brecht Evens s’est déjà vu décerner le Prix de l’audace par le Festival d’Angoulême pour son album "Les noceurs" en 2011.

  • Prix de la série : "Dansker" de Halfdan Pisket (Presque Lune). Dernier volet de la trilogie que l’artiste danois consacre à l’histoire de son père, qui a fui la Turquie en désertant l’armée avant d’émigrer au Danemark. Un récit sombre et sans concession, taillé à vif dans l’encre noire, sublimé par le dessin symbolique d’un fils qui, en se substituant au "je" paternel, donne à comprendre la violence d’une vie chaotique.
  • Prix révélation : "Ted drôle de coco" d’Émilie Gleason (Atrabile). Ted a des jambes interminables, des épaules de déménageur et un corps d’anorexique. Il mène sa vie à cent à l’heure mais ne supporte pas le changement. Normal : ce zigoto à la Mr Bean est un autiste Asperger. Inspiré par le frère de l’autrice, Ted est le héros d’une bande dessinée endiablée qui sensibilise avec beaucoup de peps à la réalité de cette maladie.

  • Prix jeunesse : "Le Prince et la Couturière" de Jen Wang (Akiléos). Pendant que ses parents lui cherchent une épouse, le prince Sébastien, lui, a trouvé une couturière. Devenue au fil du temps sa meilleure amie et première confidente, elle seule sait que chaque nuit, en secret, il s’habille de robes et devient Lady Crystallia. Avec beaucoup de finesse, Jen Wang brode un récit touchant sur la tolérance et la différence.
  • Prix patrimoine : "Les Travaux d’Hercule" de Gustave Doré (2024). Célèbre pour ses illustrations de grands classiques de la littérature, Gustave Doré s’est d’abord consacré à la bande dessinée. Publiée alors que l’artiste n’avait que 15 ans, cette vision parodique des travaux d’Hercule, inspirée par Rodolphe Töpffer, met en lumière l’imagination de Doré, sa verve narrative et ses trouvailles graphiques.
  • Fauve polar SNCF : "VilleVermine, T1. L’Homme aux babioles" de Julien Lambert (Sarbacane). Rien de tel qu’un décor urbain déglingué pour un bon polar ! À VilleVermine la bien-nommée, le détective Jacques Peuplier, qui enquête sur la disparition de la fille de la reine des bas-fonds, affronte un savant fou et son armée d’hommes- mouches. Mais il pourra compter sur un simple gamin des rues pour trouver le renfort nécessaire...
  • Prix de la BD alternative : "Expérimentation" de Samandal. Samandal est le nom d’un collectif d’auteurs de bandes dessinées libanais créé en 2007. "Expérimentation" est leur cinquième anthologie qui regroupe des récits en français, en anglais, en arabe et en langage muet (sous la direction d’Alex Baladi).
    Les auteurs du collectif sont : Barack Rima, Lena Merhej, Joseph Kai, Raphaëlle Macaron, Nour Hafaoui, Karen Keyrouz et Tracy Chahwan.
  • Prix Découvertes : Le prix des écoles d’Angoulême à "La boîte à musique"de Gijé et Carbone, chez Dupuis ; Prix des collèges à "La Brigade des Cauchemars, T.1" de Franck Thuillez, Yomgui Dumont et Drac, chez Jungle ; Prix des lycées à "Il faut flinguer Ramirez, Acte 1" de Nicolas Petrimaux, chez Glénat.
  • concours de la BD scolaire : Le Prix d’Angoulême de la BD scolaire à "Jap vu par Jap" de Julien Auclair ; le Prix Espoir à "Le fruit du hasard" de Thomas Ouedraogo ; le Prix du Scénario à "C’était une blague" de Fela Maazou ; le Prix du Graphisme à"Skate or die" de Louise Moutessier.
  • Prix Jeunes Talents : Louis Lanne
  • Prix Jeunes Talents région : "Au début, un rêve étrange" de Robin Pouch
  • Prix Drawmecomics : Flavie Roux