Lindingre : "Hommage à la jeunesse d’une France disparue"

, par Estelle

Le jeune auteur de chez "Fluide Glacial" ne se prend pas la tête et même si son album a comme un parfum d’actualité, il ne faut pas y voir midi à quatorze heures.

Lindingre avait déjà sévi sur "Les carottes sont crues" avec Lefred-Thouron, album publié aux Requins Marteaux dans lequel ils nous révélaient que la carotte est plus efficace du point de vue énergétique lorsqu’elle est consommée crue avec un trait d’huile de germe de blé.
Cette fois, avec "Jeunesse de France" Lindingre dépeint cette fois avec humour le quotidien de Sylvain et Laurent, deux jeunes branleurs parfaitement à l’aise dans leur médiocrité. Le tout sur fond de banlieues et de chômage.

Si la jeunesse de France a vraiment l’allure de Sylvain et Laurent, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir, non ?
Non. Il ne s’agit pas d’un album de prospective mais d’un album rétrograde. J’ai travaillé sur l’idée d’une faille spacio-temporelle. Je voulais parler des banlieues mais je ne les connais pas. Mon album n’a donc pas un caractère sociologique. Dans cette histoire il y a des individus d’il y a 20 ans : on portait déjà des survêtements à cette époque, on collectionnait aussi des porte-clés. Sylvain et Laurent veulent être jeunes comme des vieux, ils ne sont même pas capables d’écouter du rap ! L’album est en fait une sorte d’hommage à la jeunesse d’une France disparue.

A l’heure où l’on parle beaucoup de délinquance juvénile liée à la "démission" des parents, votre album semble pourtant d’actualité.
Il ne s’agit pas de démission. Je montre juste que les chiens ne font pas des chats.

Il ne faut donc pas y voir un quelconque message dans "Jeunesse de France" mais seulement la vie quotidienne de deux jeunes blaireaux ?
Oui, ce n’est pas un album intellectuel. La seule chose que je cherche en me levant le matin c’est une grosse connerie à raconter.
En fait, le seul message que je veut délivrer, c’est que le monde est con. Mais pas plus aujourd’hui avec les banlieues qu’avant. Il y a toujours eu de la violence. J’ai juste focalisé sur des débiles de notre société.

Sur la 4e de couverture, on vous compare à Dubout, Reiser, Vuillemin...
Je suis très flatté de ces comparaisons.