Hervé Bourhis : "Rendre hommage à l’aspect graphique du rock"

, par Estelle

Ce "Petit livre rock" n’est pas vraiment de la BD. C’est encore mieux, puisque l’on peut y revenir sans cesse pour découvrir de nouvelles anecdotes ou admirer les superbes dessins d’Hervé Bourhis. Indispensable à tout amateur de rock, qui en fera certainement son livre de chevet, cet album bénéficie d’une nouvelle édition agrémentée d’une trentaine de pages de bonus.

Quelles sont les nouveautés de cette seconde édition du "Petit livre rock" ?
Hervé Bourhis. Comme la première édition est épuisée, deux ans après, cela m’ennuyait qu’une réimpression s’arrête à l’année 2007. Je voulais aussi corriger deux ou trois erreurs embêtantes. Il y a donc une trentaine de pages en plus, disséminées un peu partout, mais principalement sur les années 2007-2009. J’y ai également ajouté les pages de la rubrique "Pop battle" que je faisais dans le mensuel musical Magic !.

La première édition a été un vrai succès. Est-ce que vous vous y attendiez ?
H.B. Non, pas du tout. C’est un projet dont personne ne voulait à l’origine. Je l’ai envoyé chez Dargaud sans y croire, et puis ils ont aimé et m’ont aidé à en faire le livre que je voulais. Eux devaient en tout cas y croire, puisque le tirage n’était pas ridicule (12.000 je crois). Je ne sais pas ce qui a séduit les lecteurs, mais je sais que moi, j’aime les livres sur la musique dont l’auteur fait ses choix et donne son avis sans se soucier d’une vaine objectivité et sans essayer de faire plaisir à tel ou tel public. C’est pour ça que je n’aime pas tellement les collectifs.



Est-ce que vous avez pris autant de plaisir à réaliser les pages de toutes les périodes ?
H.B. Grosso modo, oui. Mais paradoxalement, j’ai éprouvé plus de plaisir à dessiner les années qui m’intéressent le moins (les années 80 par exemple). Les années que j’adore, genre 1965-68, j’étais un peu inhibé par la peur de les rater, d’oublier des choses.



Est-ce compliqué d’écrire ou de dessiner les groupes que l’on n’aime pas ?
H.B. Non, c’est justement plus facile, puisqu’on ne les aime pas. Il n’y a pas de pression ! Je ne suis pas très fan de Queen, mais j’adore dessiner Freddy Mercury.

Avez-vous écouté la musique de tous les groupes présents dans le livre ?
H.B. Oui, sauf Queen. Et encore, j’ai dû réécouter "Bohemian rhapsody" quand même.

Vous dessiniez en musique ?
H.B. J’écoutais exclusivement les chansons de l’année sur laquelle je travaillais, pour bien m’immerger dans le truc. Ce qui peut rendre dingue, je peux vous l’assurer.

Sur la forme, est-ce que cette présentation sous forme de vignette s’est immédiatement imposée ?
H.B. Oui, je voulais faire un patchwork mélangeant anecdotes, pochettes, dessins d’après photos, listes idiotes... L’idée était aussi de rendre hommage à l’aspect graphique du rock avec ses photographes ou ses graphistes. Pour moi, le graphiste qui a créé le logo d’AC/DC est aussi important que les membres du groupe.



Est-ce qu’il a été difficile de trouver un ton pour les textes, à la fois drôle, parfois impertinent, mais aussi informatif ?
H.B. Non, il fallait juste alterner les anecdotes rigolotes et les anecdotes informatives, et les images sans texte, pour donner du rythme à la page et éviter l’ennui à la lecture.



D’autres rééditions avec bonus du "Petit livre rock" sont envisageables ?
H.B. Non, non.



Vous avez aussi parlé d’un petit livre de la politique. C’est toujours en projet ?
H.B. Oui, ce sera la même chose que "Le petit livre rock", sauf que ça parlera de l’histoire de la Ve république, année par année. Mais avant ça, je bosse sur un livre sur les Beatles.

Propos recueillis par Emmanuel LAFROGNE

"Le petit livre rock" par Hervé Bourhis, Dargaud, 18 euros.