Didier Cassegrain : "Je suis dans mon élément"

, par Estelle

Difficile de décrire le bonheur que l’on éprouve à dévorer "Nymphéas noirs" tant ce plaisir est intiment lié à l’intrigue machiavéliquement construite par Michel Bussi et adaptée en bande dessinée par Fred Duval. On va donc parler des magnifiques planches de Didier Cassegrain.


Plutôt habitué à des séries d’action, comment vous êtes-vous retrouvé à dessiner "Nymphéas noirs" ?
Didier Cassegrain. C’est grâce à Fred Duval qui m’a proposé le projet. J’étais heureux d’avoir une proposition de sa part car je m’étais très bien entendu avec lui sur "Code Mc Callum". Ensuite, même si j’ai souvent dessiné des séries dans ce style, je ne suis pas forcément un fan d’action. C’était plutôt des travaux de commande qui ne correspondaient pas toujours forcément à mes attentes.



Quelles sont vos envies justement ?
D. C. 
J’aime bien dessiner l’organique, les animaux, les corps, les êtres humains. Je ne suis pas très technologique. J’avais déjà fait le grand écart avec Fred en dessinant "Code Mc Callum". C’était très éloigné de mon univers. J’avais accroché à l’idée parce que j’aimais le personnage féminin. Cet album qui se déroule à Giverny, avec le village et ses jardins, c’est totalement dans mon élément. 



Comment avez-vous abordé cet album, sachant qu’il se déroule à Giverny avec les impressionnistes en toile de fond ?
D. C. 
J’ai dessiné comme j’aime dessiner. Je réalise une base au crayon que je scanne puis ensuite je peins. Je n’ai jamais encré aucune bande dessinée. "Tao Bang", ma première série, était en couleurs directes. Avant "Nymphéas noirs", j’ai aussi dessiné un "Conan", qui sortira dans le courant de l’année, également en couleurs directes. 



Il vous arrive de peindre des toiles ?
D. C. Parallèlement à cet album, à la demande de la galerie Maghen, j’ai fait toute une série d’illustrations et de peintures. Je suis alors davantage dans mon élément. La bande dessinée m’oblige parfois à coller à des univers parfois éloignés des miens ou de ma manière de peindre. "Nymphéas noirs" m’a permis de peindre comme j’aime le faire. J’étais ravi.



Vous connaissiez le livre de Michel Bussi ?
D. C. 
Non. Je l’ai découvert en préparant cet album. Cela m’a plu de dessiner une histoire qui se déroule dans ce petit village, de pouvoir s’accaparer les personnages, leurs attitudes et leurs regards. Je suis également un admirateur de Monet même si ces toiles ne figurent pas parmi mes préférées. Je suis d’ailleurs plus fan de peinture et d’illustration que de bande dessinée.



Vous vous êtes rendu à Giverny ?
D. C. Nous sommes en effet allés là-bas. C’était assez curieux, juste après avoir lu le livre, de se retrouver dans ce lieu tout petit. On retrouve précisément tous les endroits de l’histoire et on s’immerge à nouveau dans ce que l’on vient de lire. On revoit les scènes. C’est assez étonnant. On a même eu l’opportunité de monter à l’étage du moulin où vit l’un des personnages principaux. Ça ne laisse forcément pas indifférent.



Propos recueillis par Emmanuel Lafrogne
(sur Twitter)

"Nymphéas noirs" par Didier Cassegrain et Fred Duval. Dupuis. Aire Libre. 28,95 euros.